I. Succession d'épreuves indépendantes
Une expérience aléatoire se déroule souvent en plusieurs étapes : plusieurs lancers, plusieurs tirages, plusieurs contrôles. Lorsque les étapes n'ont aucune influence les unes sur les autres, le calcul des probabilités se réduit à une multiplication.
Une succession de épreuves indépendantes est une expérience dont chaque issue est un -uplet, formé d'une issue par épreuve.
La probabilité d'une telle issue est le produit des probabilités de ses composantes. Sur un arbre, cela revient à multiplier les probabilités portées par les branches d'un chemin.
Une urne contient boules rouges et boules vertes. On effectue trois tirages avec remise, ce qui rend les épreuves indépendantes puisque la composition de l'urne ne change pas.
La probabilité d'obtenir rouge, puis verte, puis rouge vaut
Sans remise, les épreuves ne sont plus indépendantes : la composition de l'urne change à chaque tirage, et les probabilités des branches en dépendent. L'arbre reste utilisable, mais les probabilités qu'il porte sont alors conditionnelles.
II. Épreuve et schéma de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues, appelées succès et échec. La probabilité du succès se note .
La variable aléatoire qui vaut en cas de succès et en cas d'échec suit la loi de Bernoulli de paramètre . Son espérance vaut et sa variance .
Un schéma de Bernoulli de paramètres et est la répétition de épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, chacune de probabilité de succès .
Quatre conditions doivent être réunies, et il faut les vérifier une à une dans la rédaction.
L'expérience se répète un nombre fixé de fois.
Chaque répétition n'a que deux issues possibles, une fois choisi ce qui compte comme succès.
Les répétitions sont indépendantes.
La probabilité du succès reste la même à chaque répétition.
III. La loi binomiale
Dans un schéma de Bernoulli de paramètres et , la variable aléatoire qui compte le nombre de succès suit la loi binomiale de paramètres et , notée .
Elle prend les valeurs entières de à .
Si suit la loi , alors pour tout entier compris entre et :
Démonstration : Probabilité de succès
Représentons le schéma par un arbre à niveaux, chaque nœud donnant une branche « succès » de probabilité et une branche « échec » de probabilité .
Un chemin comportant exactement succès a pour probabilité le produit des probabilités de ses branches, soit
cette valeur ne dépendant pas de l'ordre dans lequel les succès apparaissent.
Il reste à compter ces chemins. Un chemin est entièrement déterminé par la liste des rangs auxquels se produisent les succès, c'est-à-dire par une partie à éléments de l'ensemble des rangs. Il y en a donc .
Les chemins étant deux à deux incompatibles, le principe additif donne le résultat annoncé.
Une pièce équilibrée est lancée fois. Le nombre de « pile » suit la loi , et
Les questions portent souvent sur des cumuls, qui se ramènent tous à des sommes :
La calculatrice et Python fournissent directement ces valeurs cumulées.
Une compagnie vend billets pour un avion de places, chaque passager se présentant avec la probabilité . Le nombre de passagers présents suit la loi .
Chercher le plus grand nombre de billets vendus tel que le risque de surréservation reste inférieur à revient à chercher le plus grand vérifiant .
from math import comb
def p_sup(u, n, p):
# probabilite d'avoir plus de n succes parmi u epreuves
cumul = 0
for k in range(n + 1):
cumul = cumul + comb(u, k) * p ** k * (1 - p) ** (u - k)
return 1 - cumul
Passer à la pratique
9 exercices corrigés sur ce chapitre.
