I. Une fonction réciproque de l'exponentielle
La fonction exponentielle est strictement croissante sur et prend toutes les valeurs strictement positives. Chaque réel strictement positif est donc l'image d'un unique réel, ce qui permet de remonter de l'image vers l'antécédent.
Pour tout réel strictement positif, il existe un unique réel tel que . Ce réel s'appelle le logarithme népérien de et se note .
La fonction logarithme népérien est donc définie sur et vérifie, pour tout et tout réel :
Le logarithme d'un nombre négatif ou nul n'existe pas. Avant toute résolution, il faut donc déterminer les valeurs pour lesquelles les expressions placées sous un logarithme sont strictement positives, et ne conserver à la fin que les solutions qui les respectent.
II. Propriétés algébriques
Pour tous réels strictement positifs et , et tout entier relatif :
Le logarithme transforme les produits en sommes, exactement à l'inverse de l'exponentielle.
La fonction logarithme est strictement croissante sur , donc pour tous réels strictement positifs et :
Résolvons .
L'existence des logarithmes impose et , donc .
L'équation devient , soit . Le discriminant vaut , d'où les solutions et .
Seule la valeur respecte la condition : l'ensemble des solutions est .
Cherchons le plus petit entier tel que .
En appliquant le logarithme, strictement croissant :
Le nombre est négatif, donc la division retourne l'inégalité :
Le plus petit entier convenable est donc . Le changement de sens lors de la division par un logarithme négatif est l'erreur la plus fréquente de ce type de question.
III. Dérivée et variations
La fonction logarithme népérien est dérivable sur , et pour tout :
Cette dérivée étant strictement positive, la fonction est strictement croissante sur son ensemble de définition.
Démonstration : Calcul de la dérivée du logarithme
La dérivabilité de la fonction logarithme est admise. Notons cette fonction et partons de l'égalité valable pour tout :
Dérivons les deux membres. À gauche, la dérivée d'une composée donne ; à droite, la dérivée vaut . Donc
Comme , cette égalité s'écrit , d'où
Si est une fonction dérivable et strictement positive sur un intervalle , alors
Pour la fonction définie par sur , on pose , strictement positive, d'où
Le dénominateur est positif, donc le signe de la dérivée est celui de : la fonction décroît sur puis croît sur .
IV. Limites et croissances comparées
L'axe des ordonnées est donc asymptote verticale à la courbe du logarithme. La croissance vers est très lente : il faut atteindre , soit environ , pour que le logarithme vaille seulement .
Pour tout entier naturel non nul :
Devant une puissance, le logarithme est toujours le plus faible.
Démonstration : Limite en 0 de
Posons , ce qui est possible pour tout en prenant . Quand tend vers par valeurs positives, le réel tend vers .
L'expression devient
Or la croissance comparée de l'exponentielle et des puissances donne .
Par conséquent, tend vers lorsque tend vers par valeurs positives.
Les courbes du logarithme et de l'exponentielle sont symétriques l'une de l'autre par rapport à la droite d'équation . Cette symétrie est la traduction graphique du fait que chacune défait ce que l'autre fait.
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