I. Les deux principes fondamentaux
Dénombrer, c'est compter sans énumérer. Deux principes suffisent à construire tous les résultats du chapitre, et la difficulté est presque toujours de reconnaître lequel s'applique.
Si des ensembles finis sont deux à deux disjoints, alors
Ce principe traduit le mot « ou » lorsque les cas s'excluent mutuellement.
Pour deux ensembles finis et :
Ce principe traduit une succession de choix indépendants : si une première décision offre possibilités et la suivante , l'ensemble des décisions en offre .
Un menu propose entrées, plats et desserts. Le nombre de repas complets vaut .
Si l'on accepte un repas composé d'un plat seul ou d'un plat avec dessert, il faut cette fois additionner les deux cas, car ils s'excluent.
II. k-uplets et permutations
Un -uplet d'éléments d'un ensemble est une liste ordonnée de éléments de , les répétitions étant autorisées.
Si compte éléments, le nombre de -uplets vaut , par application répétée du principe multiplicatif.
Un ensemble à éléments possède exactement parties.
En effet, construire une partie revient à décider, pour chacun des éléments, s'il est pris ou non : c'est un -uplet de .
Pour un entier naturel non nul, la factorielle de est le produit
avec la convention .
Une permutation d'un ensemble à éléments est un rangement ordonné de tous ses éléments. Il en existe exactement .
Le nombre de -uplets d'éléments distincts d'un ensemble à éléments vaut
Chaque choix réduit d'une unité le nombre de possibilités suivantes.
Un code de chiffres offre possibilités. Si les chiffres doivent être tous différents, il n'en reste que .
III. Combinaisons
Une combinaison de éléments d'un ensemble à éléments est une partie à éléments : l'ordre n'intervient pas.
Leur nombre se note et vaut, pour :
La question à se poser est toujours la même : l'ordre du tirage change-t-il le résultat ?
Pour un podium, oui : premier et deuxième ne sont pas interchangeables, il s'agit de -uplets distincts.
Pour une main de cartes ou une délégation, non : c'est une combinaison.
Le passage de l'un à l'autre se fait en divisant par , qui est le nombre de façons d'ordonner les éléments choisis.
La symétrie s'explique sans calcul : choisir les éléments retenus revient à choisir les éléments écartés.
Le nombre de mains de cartes dans un jeu de vaut
IV. Relation et triangle de Pascal
Pour :
Démonstration : Relation de Pascal, par le dénombrement
On considère un ensemble à éléments, et on fixe l'un d'eux, noté . Les parties à éléments de se répartissent en deux familles, sans recouvrement.
Celles qui contiennent : il reste à choisir éléments parmi les autres, ce qui donne possibilités.
Celles qui ne contiennent pas : il faut choisir les éléments parmi les autres, ce qui donne possibilités.
Le principe additif donne alors la relation annoncée.
Démonstration : Somme des coefficients binomiaux
Montrons que
On compte de deux façons les parties d'un ensemble à éléments.
D'un côté, ce nombre vaut , puisque construire une partie revient à décider pour chaque élément s'il est pris ou non.
De l'autre, on peut regrouper les parties selon leur nombre d'éléments : il y a parties à éléments, et varie de à . Le principe additif donne la somme du membre de gauche.
Les deux comptages portant sur le même ensemble, ils sont égaux.
La relation de Pascal permet de construire les coefficients de proche en proche : chaque nombre est la somme des deux situés juste au-dessus de lui.
def ligne_pascal(n):
L = [1]
for k in range(1, n + 1):
L.append(L[k - 1] * (n - k + 1) // k)
return L
La fonction utilise le passage d'un coefficient au suivant, ce qui évite de calculer des factorielles très grandes.
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