Cours de Terminale

Combinatoire et dénombrement

Principes additif et multiplicatif, k-uplets, permutations et combinaisons, avec le triangle de Pascal et ses démonstrations.

Avant de commencer

  • Manipuler les notations ensemblistes.
  • Construire un arbre de dénombrement.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Choisir le bon modèle de dénombrement selon la situation.
  • Calculer un nombre de k-uplets, de permutations, de combinaisons.
  • Utiliser la relation de Pascal et les propriétés des coefficients binomiaux.
Sommaire

I. Les deux principes fondamentaux

Dénombrer, c'est compter sans énumérer. Deux principes suffisent à construire tous les résultats du chapitre, et la difficulté est presque toujours de reconnaître lequel s'applique.

PropriétéPrincipe additif

Si des ensembles finis A1,A2,,AnA_1, A_2, \ldots, A_n sont deux à deux disjoints, alors

Card(A1An)=Card(A1)++Card(An)\text{Card}(A_1 \cup \cdots \cup A_n)=\text{Card}(A_1)+\cdots+\text{Card}(A_n)

Ce principe traduit le mot « ou » lorsque les cas s'excluent mutuellement.

PropriétéPrincipe multiplicatif

Pour deux ensembles finis AA et BB :

Card(A×B)=Card(A)×Card(B)\text{Card}(A \times B)=\text{Card}(A) \times \text{Card}(B)

Ce principe traduit une succession de choix indépendants : si une première décision offre pp possibilités et la suivante qq, l'ensemble des décisions en offre pqpq.

Exemple

Un menu propose 44 entrées, 66 plats et 33 desserts. Le nombre de repas complets vaut 4×6×3=724 \times 6 \times 3 = 72.

Si l'on accepte un repas composé d'un plat seul ou d'un plat avec dessert, il faut cette fois additionner les deux cas, car ils s'excluent.

II. k-uplets et permutations

Définitionk-uplet

Un kk-uplet d'éléments d'un ensemble EE est une liste ordonnée de kk éléments de EE, les répétitions étant autorisées.

Si EE compte nn éléments, le nombre de kk-uplets vaut nkn^k, par application répétée du principe multiplicatif.

PropriétéParties d'un ensemble

Un ensemble à nn éléments possède exactement 2n2^n parties.

En effet, construire une partie revient à décider, pour chacun des nn éléments, s'il est pris ou non : c'est un nn-uplet de {0;1}\{0\,;1\}.

DéfinitionFactorielle et permutations

Pour un entier naturel nn non nul, la factorielle de nn est le produit

n!=n×(n1)××2×1n! = n \times (n-1) \times \cdots \times 2 \times 1

avec la convention 0!=10!=1.

Une permutation d'un ensemble à nn éléments est un rangement ordonné de tous ses éléments. Il en existe exactement n!n!.

Propriéték-uplets d'éléments distincts

Le nombre de kk-uplets d'éléments distincts d'un ensemble à nn éléments vaut

n×(n1)××(nk+1)=n!(nk)!n \times (n-1) \times \cdots \times (n-k+1)=\frac{n!}{(n-k)!}

Chaque choix réduit d'une unité le nombre de possibilités suivantes.

Exemple

Un code de 44 chiffres offre 104=1000010^4 = 10\,000 possibilités. Si les chiffres doivent être tous différents, il n'en reste que 10×9×8×7=504010 \times 9 \times 8 \times 7 = 5\,040.

III. Combinaisons

DéfinitionCoefficient binomial

Une combinaison de kk éléments d'un ensemble à nn éléments est une partie à kk éléments : l'ordre n'intervient pas.

Leur nombre se note (nk)\binom{n}{k} et vaut, pour 0kn0 \leqslant k \leqslant n :

(nk)=n(n1)(nk+1)k!=n!k!(nk)!\binom{n}{k}=\frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{k!}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}
MéthodeAvec ou sans ordre

La question à se poser est toujours la même : l'ordre du tirage change-t-il le résultat ?

Pour un podium, oui : premier et deuxième ne sont pas interchangeables, il s'agit de kk-uplets distincts.

Pour une main de cartes ou une délégation, non : c'est une combinaison.

Le passage de l'un à l'autre se fait en divisant par k!k!, qui est le nombre de façons d'ordonner les kk éléments choisis.

PropriétéValeurs et symétrie
(n0)=1(n1)=n(n2)=n(n1)2(nk)=(nnk)\binom{n}{0}=1 \qquad \binom{n}{1}=n \qquad \binom{n}{2}=\frac{n(n-1)}{2} \qquad \binom{n}{k}=\binom{n}{n-k}

La symétrie s'explique sans calcul : choisir les kk éléments retenus revient à choisir les nkn-k éléments écartés.

Exemple

Le nombre de mains de 55 cartes dans un jeu de 3232 vaut

(325)=32×31×30×29×285×4×3×2×1=201376\binom{32}{5}=\frac{32 \times 31 \times 30 \times 29 \times 28}{5 \times 4 \times 3 \times 2 \times 1}=201\,376

IV. Relation et triangle de Pascal

PropriétéRelation de Pascal

Pour 1kn11 \leqslant k \leqslant n-1 :

(n1k1)+(n1k)=(nk)\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}
Démonstration : Relation de Pascal, par le dénombrement

On considère un ensemble EE à nn éléments, et on fixe l'un d'eux, noté aa. Les parties à kk éléments de EE se répartissent en deux familles, sans recouvrement.

Celles qui contiennent aa : il reste à choisir k1k-1 éléments parmi les n1n-1 autres, ce qui donne (n1k1)\binom{n-1}{k-1} possibilités.

Celles qui ne contiennent pas aa : il faut choisir les kk éléments parmi les n1n-1 autres, ce qui donne (n1k)\binom{n-1}{k} possibilités.

Le principe additif donne alors la relation annoncée.

Démonstration : Somme des coefficients binomiaux

Montrons que

(n0)+(n1)++(nn)=2n\binom{n}{0}+\binom{n}{1}+\cdots+\binom{n}{n}=2^n

On compte de deux façons les parties d'un ensemble EE à nn éléments.

D'un côté, ce nombre vaut 2n2^n, puisque construire une partie revient à décider pour chaque élément s'il est pris ou non.

De l'autre, on peut regrouper les parties selon leur nombre d'éléments : il y a (nk)\binom{n}{k} parties à kk éléments, et kk varie de 00 à nn. Le principe additif donne la somme du membre de gauche.

Les deux comptages portant sur le même ensemble, ils sont égaux.

RemarqueLe triangle de Pascal

La relation de Pascal permet de construire les coefficients de proche en proche : chaque nombre est la somme des deux situés juste au-dessus de lui.

nnk=0k=011223344
0011
111111
22112211
3311333311
441144664411
ExempleGénérer une ligne du triangle
def ligne_pascal(n):
    L = [1]
    for k in range(1, n + 1):
        L.append(L[k - 1] * (n - k + 1) // k)
    return L

La fonction utilise le passage d'un coefficient au suivant, ce qui évite de calculer des factorielles très grandes.

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