I. L'intégrale comme aire
Le point de départ est géométrique : mesurer l'aire de la surface comprise entre une courbe et l'axe des abscisses. Le lien avec les primitives, découvert ensuite, transforme ce problème de mesure en un simple calcul.
On considère une fonction continue et positive sur un intervalle . L'intégrale de entre et , notée
est l'aire, exprimée en unités d'aire, de la surface délimitée par la courbe représentative de , l'axe des abscisses et les droites d'équations et .
Si est continue sur et si est une primitive de sur cet intervalle, alors
Cette différence se note aussi . Le résultat ne dépend pas de la primitive choisie, puisque deux primitives diffèrent d'une constante qui s'élimine dans la soustraction.
Démonstration : La fonction aire est une primitive
On considère une fonction continue, positive et croissante sur , et on note l'aire sous la courbe entre et .
Pour un réel assez petit, l'aire est celle d'une bande de largeur . Comme est croissante, cette bande contient un rectangle de hauteur et est contenue dans un rectangle de hauteur :
En divisant par , qui est strictement positif :
Quand tend vers , la continuité de assure que tend vers . Le théorème des gendarmes donne alors
La fonction aire est donc la primitive de qui s'annule en , et l'aire entre et vaut pour toute primitive .
Pour une fonction continue de signe quelconque, l'intégrale se définit directement par la formule .
Elle s'interprète alors comme une aire algébrique : les portions situées sous l'axe des abscisses comptent négativement.
II. Propriétés de l'intégrale
Pour deux fonctions continues et et deux réels et :
De plus, et .
Si est positive sur avec , alors son intégrale est positive.
Si sur , alors
Cette propriété sert à encadrer une intégrale que l'on ne sait pas calculer, en encadrant d'abord la fonction.
La valeur moyenne d'une fonction continue sur , avec , est le nombre
C'est la hauteur du rectangle de base ayant la même aire que la surface sous la courbe.
Si sur , l'aire comprise entre les deux courbes vaut
La première étape consiste donc à déterminer laquelle des deux courbes est au-dessus, en étudiant le signe de la différence. Si les courbes se croisent, il faut découper l'intervalle avec la relation de Chasles.
Cherchons l'aire entre les courbes d'équations et sur . Sur cet intervalle, , donc l'aire vaut
III. Intégration par parties
On considère deux fonctions et dérivables sur , de dérivées continues. Alors
Démonstration : Intégration par parties
La dérivée du produit vaut
Toutes ces fonctions étant continues, on peut intégrer chaque membre entre et . Le membre de gauche donne, puisque est une primitive de :
Le membre de droite se sépare par linéarité :
En égalant les deux et en isolant la seconde intégrale, on obtient la formule annoncée.
Le choix doit simplifier l'intégrale restante. La règle pratique consiste à prendre pour la fonction qui se simplifie en dérivant, par exemple un polynôme ou un logarithme, et pour celle qui s'intègre facilement, comme une exponentielle ou une fonction trigonométrique.
Un mauvais choix se repère vite : l'intégrale obtenue est plus compliquée que celle de départ. Il suffit alors de recommencer en échangeant les rôles.
Calculons .
Posons et , d'où et .
IV. Calcul approché
Beaucoup de fonctions n'ont pas de primitive exprimable avec les fonctions usuelles. L'aire se calcule alors par approximation, en remplaçant la surface par une réunion de rectangles ou de trapèzes.
def rectangles(f, a, b, n):
pas = (b - a) / n
somme = 0
for i in range(n):
somme = somme + f(a + i * pas) * pas
return somme
L'intervalle est découpé en morceaux, chacun remplacé par un rectangle. Plus est grand, meilleure est l'approximation.
La méthode des trapèzes remplace chaque rectangle par un trapèze appuyé sur les deux extrémités du morceau : elle converge nettement plus vite pour un même nombre de découpages.
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