Cours de Seconde

Vocabulaire ensembliste et logique

Les ensembles de nombres, les symboles d'appartenance et d'inclusion, et les règles de raisonnement utilisées dans tous les autres chapitres.

Avant de commencer

  • Reconnaître un nombre entier, un nombre décimal, une fraction.
  • Placer un nombre sur une droite graduée.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Utiliser correctement les symboles d'appartenance, d'inclusion, de réunion et d'intersection.
  • Décrire un ensemble de nombres par un intervalle.
  • Écrire la négation d'une proposition simple.
  • Distinguer une implication de sa réciproque et de sa contraposée.
  • Choisir un mode de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, absurde.
Sommaire

I. Les ensembles de nombres

Un ensemble est une collection d'objets, appelés ses éléments. En mathématiques, les objets manipulés au lycée sont le plus souvent des nombres, et on les range dans cinq ensembles emboîtés les uns dans les autres.

DéfinitionLes cinq ensembles usuels
notationnomexemples
N\mathbb{N}entiers naturels00, 77, 20262026
Z\mathbb{Z}entiers relatifs5-5, 00, 1212
D\mathbb{D}nombres décimaux1,25-1{,}25, 33, 0,0070{,}007
Q\mathbb{Q}nombres rationnels23\dfrac{2}{3}, 74-\dfrac{7}{4}, 0,50{,}5
R\mathbb{R}nombres réelstous les précédents, ainsi que 2\sqrt{2} et π\pi

Un nombre décimal est un nombre qui s'écrit avec un nombre fini de chiffres après la virgule. Un nombre rationnel est un quotient de deux entiers. Les nombres réels sont tous les nombres qui repèrent un point d'une droite graduée.

PropriétéEmboîtement

Ces ensembles sont inclus les uns dans les autres :

NZDQR\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}

Autrement dit, tout entier naturel est un entier relatif, tout entier relatif est un décimal, et ainsi de suite.

DéfinitionAppartenance et inclusion

Le symbole \in relie un élément à un ensemble : la phrase « 3Z-3 \in \mathbb{Z} » se lit « 3-3 appartient à Z\mathbb{Z} ».

Le symbole \subset relie deux ensembles : la phrase « NZ\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} » se lit « N\mathbb{N} est inclus dans Z\mathbb{Z} », ce qui signifie que chaque élément de N\mathbb{N} est aussi un élément de Z\mathbb{Z}.

L'ensemble qui ne contient aucun élément est l'ensemble vide, noté \varnothing.

Attention

Les deux symboles ne sont pas interchangeables. On écrit 2N2 \in \mathbb{N} et non 2N2 \subset \mathbb{N}, car 22 est un nombre, pas un ensemble. À l'inverse, on écrit NR\mathbb{N} \subset \mathbb{R} et non NR\mathbb{N} \in \mathbb{R}.

Exemple

Le nombre 63\dfrac{6}{3} vaut 22 : il appartient donc à N\mathbb{N}, même si son écriture ressemble à celle d'une fraction. Le nombre 2\sqrt{2}, lui, appartient à R\mathbb{R} mais pas à Q\mathbb{Q} : aucun quotient d'entiers ne lui est égal.

II. Réunion, intersection, complémentaire

DéfinitionLes trois opérations

On considère deux ensembles AA et BB.

La réunion ABA \cup B est l'ensemble des éléments qui appartiennent à AA ou à BB (éventuellement aux deux).

L'intersection ABA \cap B est l'ensemble des éléments qui appartiennent à AA et à BB.

Si AA est inclus dans un ensemble EE, le complémentaire de AA dans EE, noté A\overline{A} ou EAE \setminus A, est l'ensemble des éléments de EE qui n'appartiennent pas à AA.

Remarque

Le « ou » des mathématiques est inclusif : il n'exclut pas que les deux conditions soient vraies en même temps. C'est une différence avec l'usage courant, où « fromage ou dessert » sous-entend que l'on ne prendra pas les deux.

DéfinitionCardinal

Lorsqu'un ensemble AA contient un nombre fini d'éléments, ce nombre s'appelle le cardinal de AA et se note Card(A)\text{Card}(A).

Exemple

On pose A={1;2;3;4}A=\{1\,;2\,;3\,;4\} et B={3;4;5}B=\{3\,;4\,;5\}. Alors

AB={1;2;3;4;5}AB={3;4}A \cup B = \{1\,;2\,;3\,;4\,;5\} \qquad A \cap B = \{3\,;4\}

et Card(A)=4\text{Card}(A)=4, Card(AB)=2\text{Card}(A \cap B)=2.

DéfinitionCouple et produit cartésien

Un couple (x;y)(x\,;y) est la donnée de deux objets dans un ordre précis : les couples (1;2)(1\,;2) et (2;1)(2\,;1) sont différents.

Le produit cartésien A×BA \times B est l'ensemble de tous les couples dont le premier terme appartient à AA et le second à BB. Les coordonnées d'un point du plan sont un couple de R×R\mathbb{R} \times \mathbb{R}, ensemble que l'on note R2\mathbb{R}^2.

III. Les intervalles

Certaines parties de R\mathbb{R} reviennent sans arrêt : celles qui correspondent à un morceau de la droite graduée, sans trou. Ces parties portent un nom et une notation propres.

DéfinitionNotation des intervalles

On considère deux réels aa et bb tels que aba \leqslant b.

notationensemble des réels xx tels que
[a;b][a\,;b]axba \leqslant x \leqslant b
]a;b[]a\,;b[a<x<ba < x < b
[a;b[[a\,;b[ax<ba \leqslant x < b
[a;+[[a\,;+\infty[xax \geqslant a
];b]]-\infty\,;b]xbx \leqslant b

Un crochet tourné vers l'intérieur signifie que la borne est comprise, un crochet tourné vers l'extérieur qu'elle est exclue.

Attention

Les symboles -\infty et ++\infty ne sont pas des nombres : aucun réel ne leur est égal. Le crochet qui les accompagne est donc toujours ouvert, et l'on écrit [3;+[[3\,;+\infty[, jamais [3;+][3\,;+\infty].

Exemple

L'ensemble des solutions de l'inéquation x>5x > 5 est l'intervalle ]5;+[]5\,;+\infty[. L'ensemble des réels compris entre 2-2 (compris) et 77 (exclu) est l'intervalle [2;7[[-2\,;7[.

MéthodeRéunion ou intersection de deux intervalles

La démarche la plus sûre passe par un dessin : tracer une droite graduée, hachurer chacun des deux intervalles sur deux lignes différentes, puis lire le résultat. L'intersection est la zone couverte deux fois, la réunion la zone couverte au moins une fois.

Par exemple, [1;4][2;9[  =  [2;4][-1\,;4] \cap [2\,;9[ \;=\; [2\,;4] et [1;4][2;9[  =  [1;9[[-1\,;4] \cup [2\,;9[ \;=\; [-1\,;9[.

IV. Propositions et connecteurs

DéfinitionProposition

Une proposition mathématique est une phrase dont on peut dire, sans ambiguïté, si elle est vraie ou fausse. La phrase « 77 est un nombre pair » est une proposition (fausse). La phrase « x+1x+1 » n'en est pas une : ce n'est pas une affirmation.

DéfinitionConnecteurs « et » et « ou »

On considère deux propositions PP et QQ.

La proposition « PP et QQ » est vraie lorsque les deux le sont en même temps.

La proposition « PP ou QQ » est vraie dès que l'une au moins des deux l'est.

PropriétéNégation

La négation d'une proposition PP est la proposition qui est vraie exactement quand PP est fausse. Deux règles reviennent souvent :

  • la négation de « PP et QQ » est « (non PP) ou (non QQ) » ;
  • la négation de « PP ou QQ » est « (non PP) et (non QQ) ».
Exemple

La négation de « x3x \geqslant 3 » est « x<3x < 3 », et non « x3x \leqslant 3 ». La négation de « le nombre nn est pair et positif » est « le nombre nn est impair ou strictement négatif ».

Remarque

Les quantificateurs se lisent en français au programme de Seconde. « Pour tout réel xx… » annonce une propriété valable sans exception, « il existe un réel xx tel que… » annonce qu'au moins un cas convient. Les symboles \forall et \exists ne sont pas exigibles cette année.

V. Implication et équivalence

DéfinitionImplication

La proposition « PQP \Rightarrow Q », lue « PP implique QQ », signifie que chaque fois que PP est vraie, QQ l'est aussi. On dit aussi que PP est une condition suffisante pour QQ, et que QQ est une condition nécessaire à PP.

DéfinitionRéciproque et contraposée

La réciproque de l'implication « PQP \Rightarrow Q » est l'implication « QPQ \Rightarrow P ». Les deux n'ont aucune raison d'être vraies en même temps.

La contraposée de « PQP \Rightarrow Q » est l'implication « (non QQ) \Rightarrow (non PP) ». Celle-ci, en revanche, est toujours équivalente à l'implication de départ.

Exemple

Prenons l'implication « si un quadrilatère est un carré, alors c'est un rectangle ». Elle est vraie.

Sa réciproque, « si un quadrilatère est un rectangle, alors c'est un carré », est fausse.

Sa contraposée, « si un quadrilatère n'est pas un rectangle, alors ce n'est pas un carré », est vraie, comme l'implication de départ.

DéfinitionÉquivalence

Lorsque l'implication « PQP \Rightarrow Q » et sa réciproque « QPQ \Rightarrow P » sont toutes les deux vraies, on écrit « PQP \Leftrightarrow Q » et on dit que les deux propositions sont équivalentes. On dit aussi que PP est vraie si et seulement si QQ l'est.

Attention

Enchaîner des équivalences dans la résolution d'une équation demande de la prudence. Passer de x=2x = 2 à x2=4x^2 = 4 est une implication, pas une équivalence, puisque x=2x=-2 convient aussi pour la seconde égalité.

VI. Trois façons de raisonner

MéthodeLe contre-exemple

Pour montrer qu'une proposition annoncée « pour tout… » est fausse, un seul cas qui la met en défaut suffit. Ce cas s'appelle un contre-exemple.

La proposition « pour tout réel xx, on a x2xx^2 \geqslant x » est fausse : le réel x=0,5x = 0{,}5 donne x2=0,25x^2 = 0{,}25, qui est plus petit que 0,50{,}5.

MéthodeLa disjonction des cas

Quand une propriété ne se traite pas de la même façon selon la situation, on découpe le problème en cas qui couvrent toutes les possibilités, et on traite chacun séparément.

Pour étudier le signe de x|x|, on distingue ainsi le cas x0x \geqslant 0, où x=x|x| = x, et le cas x<0x < 0, où x=x|x| = -x.

MéthodeLe raisonnement par l'absurde

Pour démontrer qu'une proposition est vraie, on suppose le contraire, puis on en tire une contradiction. Comme le contraire mène à l'impossible, la proposition de départ est vraie.

Démonstration : Un exemple de raisonnement par l'absurde

Montrons qu'un nombre entier nn dont le carré est pair est lui-même pair.

Supposons le contraire : nn est impair. Il s'écrit alors n=2k+1n = 2k+1 pour un certain entier kk, et

n2=(2k+1)2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2 = (2k+1)^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2+2k)+1

Le nombre n2n^2 est donc impair, ce qui contredit l'hypothèse de départ. La supposition était fausse, donc nn est pair.

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