I. La droite numérique
À chaque point d'une droite graduée correspond un nombre réel, son abscisse, et à chaque nombre réel correspond un point. Cette correspondance est le point de départ de tout le chapitre : elle permet de voir les nombres comme des positions et les calculs comme des déplacements.
Un intervalle de est l'ensemble des réels situés entre deux bornes, avec ou sans ces bornes.
| notation | ensemble des réels tels que |
|---|---|
Un crochet fermé indique que la borne appartient à l'intervalle, un crochet ouvert qu'elle en est exclue.
La valeur absolue d'un réel , notée , est la distance de à zéro sur la droite numérique. Elle vaut si est positif, et sinon. Une valeur absolue n'est donc jamais négative.
La distance entre deux réels et est le nombre , qui vaut aussi .
La distance entre et vaut , ce que confirme la lecture directe sur la droite graduée.
On considère un réel et un réel positif . Dire que la distance de à est inférieure ou égale à revient à dire que appartient à l'intervalle de centre et de rayon :
L'inéquation décrit les réels dont la distance à ne dépasse pas : son ensemble de solutions est .
II. Décimaux, rationnels, irrationnels
Un nombre décimal s'écrit avec un nombre fini de chiffres après la virgule. L'ensemble des décimaux se note .
Un nombre rationnel est le quotient de deux entiers. L'ensemble des rationnels se note .
Un nombre réel qui n'est pas rationnel est dit irrationnel. Les nombres et en sont les exemples les plus connus.
Tout décimal est rationnel, puisque . La réciproque est fausse, et c'est l'objet de la démonstration qui suit.
Démonstration : Le rationnel un tiers n'est pas décimal
Raisonnons par l'absurde en supposant que est un nombre décimal. Il s'écrit alors sous la forme , où est un entier et un entier naturel. On aurait
Le nombre serait donc un multiple de . Or ne s'écrit qu'avec le chiffre suivi de zéros, et la somme de ses chiffres vaut , qui n'est pas un multiple de : le nombre n'est donc pas divisible par .
La supposition mène à une contradiction, donc n'est pas décimal.
Démonstration : La racine carrée de 2 est irrationnelle
Raisonnons encore par l'absurde en supposant que est rationnel. Il s'écrit alors , avec et entiers, cette fraction étant choisie irréductible. En élevant au carré :
Le nombre est donc pair, et un entier dont le carré est pair est lui-même pair. On peut alors écrire avec entier, ce qui donne
Le nombre est donc pair lui aussi, et également. Les entiers et seraient alors tous les deux pairs, ce qui contredit le choix d'une fraction irréductible.
La supposition est donc fausse : est irrationnel.
III. Encadrer et arrondir
Encadrer un réel consiste à donner deux nombres et tels que . L'amplitude de cet encadrement est la différence : plus elle est petite, plus l'encadrement est précis.
La calculatrice affiche . Les encadrements successifs
ont pour amplitudes , puis , puis .
Pour resserrer un encadrement d'un cran, on teste les valeurs de dixième en dixième à partir de la borne inférieure connue, jusqu'à dépasser le nombre cherché. Le programme suivant applique cette idée à au centième près.
x = 1
while x ** 2 <= 2:
x = x + 0.01
# x - 0.01 <= racine de 2 <= x
Arrondir un nombre consiste à le remplacer par la valeur approchée la plus proche au rang demandé. Les chiffres significatifs sont ceux qui portent une information, en commençant par le premier chiffre non nul à partir de la gauche.
Un résultat ne peut pas être plus précis que les données qui l'ont produit. Annoncer une aire de mètres carrés à partir d'un rayon mesuré à mètres près n'a pas de sens : deux ou trois chiffres significatifs suffisent.
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