Cours de Première

Vocabulaire ensembliste et logique

Ensembles et intervalles, statut des lettres et des égalités, quantificateurs, négation, et les trois grands types de raisonnement.

Avant de commencer

  • Connaître les ensembles de nombres et les notations des intervalles.
  • Résoudre une équation du premier degré.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Distinguer une identité d'une équation, une variable d'une inconnue et d'un paramètre.
  • Repérer une quantification, y compris lorsqu'elle est sous-entendue.
  • Écrire la négation d'une proposition quantifiée.
  • Employer les expressions « condition nécessaire » et « condition suffisante ».
  • Mener un raisonnement par contraposée ou par l'absurde.
Sommaire

I. Ensembles et intervalles

Les notations ensemblistes servent d'écriture commune à tous les chapitres de l'année. Ce paragraphe les rassemble, en reprenant ce qui a été vu en Seconde.

DéfinitionAppartenance, inclusion, opérations

Le symbole \in relie un élément à un ensemble, le symbole \subset relie deux ensembles.

La réunion ABA \cup B rassemble les éléments qui sont dans AA ou dans BB. L'intersection ABA \cap B rassemble ceux qui sont dans les deux. Le complémentaire A\overline{A} de AA dans un ensemble EE rassemble les éléments de EE qui ne sont pas dans AA.

L'ensemble vide se note \varnothing, et le nombre d'éléments d'un ensemble fini AA se note Card(A)\text{Card}(A).

PropriétéEnsembles de nombres

Les cinq ensembles usuels s'emboîtent :

NZDQR\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}

Un intervalle de R\mathbb{R} décrit un morceau de la droite numérique, avec ou sans ses bornes, par exemple [a;b][a\,;b], ]a;b[]a\,;b[ ou [a;+[[a\,;+\infty[.

DéfinitionCouple et produit cartésien

Un couple (x;y)(x\,;y) est la donnée de deux objets dans un ordre fixé. Le produit cartésien A×BA \times B est l'ensemble des couples dont le premier terme est dans AA et le second dans BB. Le plan repéré s'identifie ainsi à R2\mathbb{R}^2.

II. Le statut des lettres et des égalités

Une même lettre ne joue pas toujours le même rôle, et une même égalité ne demande pas toujours le même travail. Repérer ce statut évite de chercher à résoudre ce qui est déjà vrai, ou de traiter comme évidente une équation qui ne l'est pas.

DéfinitionIdentité et équation

Une identité est une égalité vraie pour toutes les valeurs des lettres qu'elle contient. L'égalité (a+b)2=a2+2ab+b2(a+b)^2=a^2+2ab+b^2 en est une : rien n'est à résoudre, elle sert à transformer.

Une équation est une égalité vraie seulement pour certaines valeurs, qu'il s'agit précisément de déterminer. L'égalité x2=4x^2=4 en est une : elle n'est vraie que pour x=2x=2 et x=2x=-2.

DéfinitionVariable, inconnue, paramètre

Une variable parcourt un ensemble : dans l'écriture f(x)=3x+1f(x)=3x+1, la lettre xx décrit toutes les valeurs de l'ensemble de définition.

Une inconnue désigne un nombre cherché : dans l'équation 3x+1=03x+1=0, la lettre xx ne représente que les solutions.

Un paramètre est une lettre fixée mais non précisée, qui sert à traiter d'un coup toute une famille de cas : dans f(x)=ax+bf(x)=ax+b, les lettres aa et bb sont des paramètres.

Exemple

Dans l'énoncé « pour quelles valeurs de mm l'équation x2+mx+1=0x^2+mx+1=0 a-t-elle deux solutions ? », la lettre xx est l'inconnue de l'équation et la lettre mm est un paramètre. La question porte sur le paramètre, pas sur l'inconnue.

III. Quantifications et négation

DéfinitionLes deux quantifications

La quantification universelle annonce qu'une propriété vaut sans exception : « pour tout réel xx, on a x20x^2 \geqslant 0 ».

La quantification existentielle annonce qu'au moins un cas convient : « il existe un réel xx tel que x2=2x^2=2 ».

Les symboles \forall et \exists ne sont pas exigibles, mais ils peuvent être rencontrés.

Attention

Beaucoup de quantifications restent sous-entendues. La phrase « la fonction carré est positive » signifie en réalité « pour tout réel xx, on a x20x^2 \geqslant 0 ». De même, une implication du type « si x>2x>2 alors x2>4x^2>4 » contient une quantification universelle implicite sur xx.

PropriétéNégation d'une proposition quantifiée

La négation d'une proposition universelle est une proposition existentielle, et réciproquement.

La négation de « pour tout xx, P(x)P(x) » est « il existe un xx tel que P(x)P(x) soit fausse ».

La négation de « il existe un xx tel que P(x)P(x) » est « pour tout xx, P(x)P(x) est fausse ».

Exemple

La négation de « tous les élèves de la classe ont réussi » n'est pas « aucun élève n'a réussi », mais « au moins un élève n'a pas réussi ».

De la même façon, la négation de « pour tout réel xx, on a f(x)>0f(x)>0 » est « il existe un réel xx tel que f(x)0f(x) \leqslant 0 ».

IV. Implication, conditions nécessaire et suffisante

DéfinitionImplication et équivalence

L'implication « PQP \Rightarrow Q » signifie que QQ est vraie chaque fois que PP l'est. On dit alors que PP est une condition suffisante pour QQ, et que QQ est une condition nécessaire à PP.

Lorsque l'implication et sa réciproque « QPQ \Rightarrow P » sont toutes les deux vraies, on écrit « PQP \Leftrightarrow Q » : les deux propositions sont équivalentes, et chacune est une condition nécessaire et suffisante pour l'autre.

DéfinitionRéciproque et contraposée

La réciproque de « PQP \Rightarrow Q » est « QPQ \Rightarrow P ». Elle n'a aucune raison d'être vraie en même temps que l'implication de départ.

La contraposée de « PQP \Rightarrow Q » est « (non QQ) \Rightarrow (non PP) ». Elle est toujours équivalente à l'implication de départ.

Exemple

Considérons l'implication « si un entier est un multiple de 44, alors il est pair ». Elle est vraie.

Sa réciproque, « si un entier est pair, alors il est un multiple de 44 », est fausse, comme le montre l'entier 66.

Sa contraposée, « si un entier n'est pas pair, alors il n'est pas un multiple de 44 », est vraie.

V. Quatre façons de raisonner

MéthodeLe contre-exemple

Pour montrer qu'une proposition universelle est fausse, un seul cas suffit. La proposition « pour tout réel xx, on a x2xx^2 \geqslant x » tombe avec x=0,5x=0{,}5.

MéthodeLa disjonction des cas

Lorsque le traitement dépend de la situation, on découpe en cas qui couvrent toutes les possibilités. L'étude du signe de x|x| ou d'une expression contenant un paramètre s'y prête naturellement.

MéthodeLe raisonnement par contraposée

Pour démontrer « PQP \Rightarrow Q », il est parfois plus simple de démontrer « (non QQ) \Rightarrow (non PP) », ce qui revient au même.

Ainsi, pour montrer que le carré d'un entier pair est pair, on peut démontrer à la place que si n2n^2 est impair, alors nn est impair.

Démonstration : Un raisonnement par l'absurde

Montrons qu'il n'existe pas de réel xx tel que x2+1=0x^2+1=0.

Supposons le contraire : un tel réel xx existe. Alors x2=1x^2=-1. Or le carré d'un réel est toujours positif ou nul, donc x20x^2 \geqslant 0, ce qui contredit l'égalité obtenue.

La supposition mène à une contradiction, donc aucun réel ne vérifie cette équation.

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