I. Ensembles et intervalles
Les notations ensemblistes servent d'écriture commune à tous les chapitres de l'année. Ce paragraphe les rassemble, en reprenant ce qui a été vu en Seconde.
Le symbole relie un élément à un ensemble, le symbole relie deux ensembles.
La réunion rassemble les éléments qui sont dans ou dans . L'intersection rassemble ceux qui sont dans les deux. Le complémentaire de dans un ensemble rassemble les éléments de qui ne sont pas dans .
L'ensemble vide se note , et le nombre d'éléments d'un ensemble fini se note .
Les cinq ensembles usuels s'emboîtent :
Un intervalle de décrit un morceau de la droite numérique, avec ou sans ses bornes, par exemple , ou .
Un couple est la donnée de deux objets dans un ordre fixé. Le produit cartésien est l'ensemble des couples dont le premier terme est dans et le second dans . Le plan repéré s'identifie ainsi à .
II. Le statut des lettres et des égalités
Une même lettre ne joue pas toujours le même rôle, et une même égalité ne demande pas toujours le même travail. Repérer ce statut évite de chercher à résoudre ce qui est déjà vrai, ou de traiter comme évidente une équation qui ne l'est pas.
Une identité est une égalité vraie pour toutes les valeurs des lettres qu'elle contient. L'égalité en est une : rien n'est à résoudre, elle sert à transformer.
Une équation est une égalité vraie seulement pour certaines valeurs, qu'il s'agit précisément de déterminer. L'égalité en est une : elle n'est vraie que pour et .
Une variable parcourt un ensemble : dans l'écriture , la lettre décrit toutes les valeurs de l'ensemble de définition.
Une inconnue désigne un nombre cherché : dans l'équation , la lettre ne représente que les solutions.
Un paramètre est une lettre fixée mais non précisée, qui sert à traiter d'un coup toute une famille de cas : dans , les lettres et sont des paramètres.
Dans l'énoncé « pour quelles valeurs de l'équation a-t-elle deux solutions ? », la lettre est l'inconnue de l'équation et la lettre est un paramètre. La question porte sur le paramètre, pas sur l'inconnue.
III. Quantifications et négation
La quantification universelle annonce qu'une propriété vaut sans exception : « pour tout réel , on a ».
La quantification existentielle annonce qu'au moins un cas convient : « il existe un réel tel que ».
Les symboles et ne sont pas exigibles, mais ils peuvent être rencontrés.
Beaucoup de quantifications restent sous-entendues. La phrase « la fonction carré est positive » signifie en réalité « pour tout réel , on a ». De même, une implication du type « si alors » contient une quantification universelle implicite sur .
La négation d'une proposition universelle est une proposition existentielle, et réciproquement.
La négation de « pour tout , » est « il existe un tel que soit fausse ».
La négation de « il existe un tel que » est « pour tout , est fausse ».
La négation de « tous les élèves de la classe ont réussi » n'est pas « aucun élève n'a réussi », mais « au moins un élève n'a pas réussi ».
De la même façon, la négation de « pour tout réel , on a » est « il existe un réel tel que ».
IV. Implication, conditions nécessaire et suffisante
L'implication « » signifie que est vraie chaque fois que l'est. On dit alors que est une condition suffisante pour , et que est une condition nécessaire à .
Lorsque l'implication et sa réciproque « » sont toutes les deux vraies, on écrit « » : les deux propositions sont équivalentes, et chacune est une condition nécessaire et suffisante pour l'autre.
La réciproque de « » est « ». Elle n'a aucune raison d'être vraie en même temps que l'implication de départ.
La contraposée de « » est « (non ) (non ) ». Elle est toujours équivalente à l'implication de départ.
Considérons l'implication « si un entier est un multiple de , alors il est pair ». Elle est vraie.
Sa réciproque, « si un entier est pair, alors il est un multiple de », est fausse, comme le montre l'entier .
Sa contraposée, « si un entier n'est pas pair, alors il n'est pas un multiple de », est vraie.
V. Quatre façons de raisonner
Pour montrer qu'une proposition universelle est fausse, un seul cas suffit. La proposition « pour tout réel , on a » tombe avec .
Lorsque le traitement dépend de la situation, on découpe en cas qui couvrent toutes les possibilités. L'étude du signe de ou d'une expression contenant un paramètre s'y prête naturellement.
Pour démontrer « », il est parfois plus simple de démontrer « (non ) (non ) », ce qui revient au même.
Ainsi, pour montrer que le carré d'un entier pair est pair, on peut démontrer à la place que si est impair, alors est impair.
Démonstration : Un raisonnement par l'absurde
Montrons qu'il n'existe pas de réel tel que .
Supposons le contraire : un tel réel existe. Alors . Or le carré d'un réel est toujours positif ou nul, donc , ce qui contredit l'égalité obtenue.
La supposition mène à une contradiction, donc aucun réel ne vérifie cette équation.
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