Cours de Première

Suites numériques

Modes de génération, suites arithmétiques et géométriques, sens de variation, sommes de termes et première approche de la limite.

Avant de commencer

  • Calculer avec les pourcentages et les coefficients multiplicateurs.
  • Écrire une boucle en Python.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Calculer des termes d'une suite définie explicitement ou par récurrence.
  • Reconnaître une suite arithmétique ou géométrique et donner son terme général.
  • Déterminer le sens de variation d'une suite.
  • Calculer la somme de termes consécutifs.
  • Modéliser une évolution à accroissement constant ou à taux constant.
Sommaire

I. Qu'est-ce qu'une suite

Une suite numérique décrit une grandeur qui évolue par étapes : une population comptée chaque année, un capital arrêté chaque mois, un motif géométrique complété étape par étape. À chaque rang correspond un nombre, et l'on cherche à décrire le passage d'un rang au suivant.

DéfinitionSuite numérique

Une suite numérique uu est une fonction définie sur N\mathbb{N}, ou sur une partie de N\mathbb{N}. L'image de l'entier nn se note unu_n plutôt que u(n)u(n), et s'appelle le terme de rang nn.

La suite elle-même se note (un)(u_n), avec des parenthèses : cette notation désigne la suite entière, alors que unu_n désigne un seul nombre.

DéfinitionDeux modes de génération

Une suite est définie explicitement lorsqu'une formule donne directement unu_n en fonction de nn, par exemple un=3n+2u_n = 3n+2. Chaque terme se calcule alors sans connaître les précédents.

Une suite est définie par récurrence lorsqu'on donne son premier terme et une relation qui exprime chaque terme à partir du précédent, par exemple u0=5u_0=5 et un+1=2un1u_{n+1}=2u_n-1. Il faut alors calculer tous les termes intermédiaires pour atteindre un rang donné.

Exemple

Pour la suite définie par u0=5u_0=5 et un+1=2un1u_{n+1}=2u_n-1 :

u1=2×51=9u2=2×91=17u3=2×171=33u_1 = 2 \times 5 - 1 = 9 \qquad u_2 = 2 \times 9 - 1 = 17 \qquad u_3 = 2 \times 17 - 1 = 33
Attention

Les écritures un+1u_{n+1} et un+1u_n+1 n'ont rien à voir. La première désigne le terme suivant, la seconde le terme actuel augmenté de 11. La position du +1+1, dans l'indice ou en dehors, change tout.

II. Suites arithmétiques

DéfinitionSuite arithmétique

Une suite (un)(u_n) est arithmétique lorsqu'on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre rr, appelé la raison :

un+1=un+ru_{n+1}=u_n+r

Ce modèle décrit les évolutions à accroissement constant, par exemple un abonnement dont le prix augmente de 22 euros chaque année.

PropriétéTerme général

Pour une suite arithmétique de premier terme u0u_0 et de raison rr :

un=u0+nru_n = u_0 + nr

Plus généralement, pour deux rangs nn et pp :   un=up+(np)r\;u_n = u_p + (n-p)\,r.

Démonstration : Terme général d'une suite arithmétique

Pour passer du rang 00 au rang nn, on ajoute la raison rr à chaque étape, et il y a exactement nn étapes :

u1=u0+ru2=u1+r=u0+2ru3=u2+r=u0+3ru_1 = u_0+r \qquad u_2 = u_1+r = u_0+2r \qquad u_3 = u_2+r = u_0+3r

En répétant nn fois cet ajout, on obtient un=u0+nru_n = u_0+nr.

PropriétéVariations

Une suite arithmétique est croissante si r>0r>0, décroissante si r<0r<0, et constante si r=0r=0. Le signe de la raison suffit donc à conclure.

Les points de coordonnées (n;un)(n\,;u_n) sont alignés : une suite arithmétique est le pendant discret d'une fonction affine.

Démonstration : Somme des entiers de 1 à n

Notons S=1+2++nS = 1+2+\cdots+n et écrivons cette somme deux fois, une fois dans chaque sens :

S=1+2++(n1)+nS = 1+2+\cdots+(n-1)+n S=n+(n1)++2+1S = n+(n-1)+\cdots+2+1

En additionnant les deux lignes terme à terme, chaque couple donne n+1n+1, et il y a nn couples :

2S=n(n+1)doncS=n(n+1)22S = n\,(n+1) \qquad \text{donc} \qquad S = \frac{n(n+1)}{2}
Exemple

La somme des entiers de 11 à 100100 vaut 100×1012=5050\dfrac{100 \times 101}{2}=5\,050.

III. Suites géométriques

DéfinitionSuite géométrique

Une suite (un)(u_n) est géométrique lorsqu'on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre qq, appelé la raison :

un+1=q×unu_{n+1}=q \times u_n

Ce modèle décrit les évolutions à taux constant, par exemple un capital placé à 3%3\,\% par an, pour lequel q=1,03q=1{,}03.

PropriétéTerme général

Pour une suite géométrique de premier terme u0u_0 et de raison qq :

un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n
Démonstration : Terme général d'une suite géométrique

Chaque étape multiplie par qq, et il y a nn étapes entre le rang 00 et le rang nn :

u1=u0qu2=u1q=u0q2u3=u2q=u0q3u_1 = u_0 q \qquad u_2 = u_1 q = u_0q^2 \qquad u_3 = u_2 q = u_0q^3

En répétant nn fois cette multiplication, on obtient un=u0qnu_n = u_0q^n.

PropriétéVariations

On considère une suite géométrique de premier terme u0u_0 strictement positif et de raison qq strictement positive.

Si q>1q>1, la suite est croissante. Si 0<q<10<q<1, elle est décroissante. Si q=1q=1, elle est constante.

Lorsque la raison est négative, les termes changent alternativement de signe et la suite n'est pas monotone.

Démonstration : Somme des puissances de q

On considère un réel q1q \neq 1 et la somme S=1+q+q2++qnS = 1+q+q^2+\cdots+q^n. Multiplions cette somme par qq :

qS=q+q2++qn+qn+1qS = q+q^2+\cdots+q^n+q^{n+1}

En soustrayant la première égalité de la seconde, tous les termes intermédiaires disparaissent :

qSS=qn+11doncS(q1)=qn+11qS-S = q^{n+1}-1 \qquad \text{donc} \qquad S\,(q-1)=q^{n+1}-1

Comme q1q \neq 1, on peut diviser :

1+q+q2++qn=1qn+11q1+q+q^2+\cdots+q^n = \frac{1-q^{n+1}}{1-q}
Exemple

La somme 1+2+4++2101+2+4+\cdots+2^{10} vaut

121112=2111=2047\frac{1-2^{11}}{1-2}=2^{11}-1=2\,047

IV. Variations et limites

MéthodeÉtudier le sens de variation

Deux techniques suffisent en Première.

Le signe de la différence un+1unu_{n+1}-u_n : positif pour tout nn, la suite est croissante ; négatif, elle est décroissante.

Le quotient un+1un\dfrac{u_{n+1}}{u_n}, utilisable seulement lorsque tous les termes sont strictement positifs : un quotient supérieur à 11 signale une suite croissante.

Exemple

Pour la suite définie par un=n24nu_n = n^2-4n :

un+1un=((n+1)24(n+1))(n24n)=2n3u_{n+1}-u_n = \big((n+1)^2-4(n+1)\big)-\big(n^2-4n\big)=2n-3

Cette différence est négative pour n1n \leqslant 1 et positive à partir de n=2n = 2. La suite décroît donc au début, puis croît.

DéfinitionApproche intuitive de la limite

Lorsque les termes d'une suite se rapprochent d'un nombre \ell à mesure que nn grandit, on dit que la suite tend vers \ell.

Lorsque les termes dépassent tout nombre fixé à l'avance, la suite tend vers ++\infty.

Certaines suites ne font ni l'un ni l'autre, comme la suite de terme général (1)n(-1)^n, qui alterne indéfiniment entre 1-1 et 11.

Remarque

En Première, ces limites se conjecturent à partir des premiers termes, calculés à la calculatrice ou par programme. Leur étude rigoureuse relève de la Terminale.

ExempleRecherche de seuil
def seuil(limite):
    u = 1000
    n = 0
    while u < limite:
        u = u * 1.03
        n = n + 1
    return n

Ce programme renvoie le nombre d'années nécessaires pour qu'un capital de 10001\,000 euros placé à 3%3\,\% dépasse la valeur demandée.

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