I. Qu'est-ce qu'une suite
Une suite numérique décrit une grandeur qui évolue par étapes : une population comptée chaque année, un capital arrêté chaque mois, un motif géométrique complété étape par étape. À chaque rang correspond un nombre, et l'on cherche à décrire le passage d'un rang au suivant.
Une suite numérique est une fonction définie sur , ou sur une partie de . L'image de l'entier se note plutôt que , et s'appelle le terme de rang .
La suite elle-même se note , avec des parenthèses : cette notation désigne la suite entière, alors que désigne un seul nombre.
Une suite est définie explicitement lorsqu'une formule donne directement en fonction de , par exemple . Chaque terme se calcule alors sans connaître les précédents.
Une suite est définie par récurrence lorsqu'on donne son premier terme et une relation qui exprime chaque terme à partir du précédent, par exemple et . Il faut alors calculer tous les termes intermédiaires pour atteindre un rang donné.
Pour la suite définie par et :
Les écritures et n'ont rien à voir. La première désigne le terme suivant, la seconde le terme actuel augmenté de . La position du , dans l'indice ou en dehors, change tout.
II. Suites arithmétiques
Une suite est arithmétique lorsqu'on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre , appelé la raison :
Ce modèle décrit les évolutions à accroissement constant, par exemple un abonnement dont le prix augmente de euros chaque année.
Pour une suite arithmétique de premier terme et de raison :
Plus généralement, pour deux rangs et : .
Démonstration : Terme général d'une suite arithmétique
Pour passer du rang au rang , on ajoute la raison à chaque étape, et il y a exactement étapes :
En répétant fois cet ajout, on obtient .
Une suite arithmétique est croissante si , décroissante si , et constante si . Le signe de la raison suffit donc à conclure.
Les points de coordonnées sont alignés : une suite arithmétique est le pendant discret d'une fonction affine.
Démonstration : Somme des entiers de 1 à n
Notons et écrivons cette somme deux fois, une fois dans chaque sens :
En additionnant les deux lignes terme à terme, chaque couple donne , et il y a couples :
La somme des entiers de à vaut .
III. Suites géométriques
Une suite est géométrique lorsqu'on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre , appelé la raison :
Ce modèle décrit les évolutions à taux constant, par exemple un capital placé à par an, pour lequel .
Pour une suite géométrique de premier terme et de raison :
Démonstration : Terme général d'une suite géométrique
Chaque étape multiplie par , et il y a étapes entre le rang et le rang :
En répétant fois cette multiplication, on obtient .
On considère une suite géométrique de premier terme strictement positif et de raison strictement positive.
Si , la suite est croissante. Si , elle est décroissante. Si , elle est constante.
Lorsque la raison est négative, les termes changent alternativement de signe et la suite n'est pas monotone.
Démonstration : Somme des puissances de q
On considère un réel et la somme . Multiplions cette somme par :
En soustrayant la première égalité de la seconde, tous les termes intermédiaires disparaissent :
Comme , on peut diviser :
La somme vaut
IV. Variations et limites
Deux techniques suffisent en Première.
Le signe de la différence : positif pour tout , la suite est croissante ; négatif, elle est décroissante.
Le quotient , utilisable seulement lorsque tous les termes sont strictement positifs : un quotient supérieur à signale une suite croissante.
Pour la suite définie par :
Cette différence est négative pour et positive à partir de . La suite décroît donc au début, puis croît.
Lorsque les termes d'une suite se rapprochent d'un nombre à mesure que grandit, on dit que la suite tend vers .
Lorsque les termes dépassent tout nombre fixé à l'avance, la suite tend vers .
Certaines suites ne font ni l'un ni l'autre, comme la suite de terme général , qui alterne indéfiniment entre et .
En Première, ces limites se conjecturent à partir des premiers termes, calculés à la calculatrice ou par programme. Leur étude rigoureuse relève de la Terminale.
def seuil(limite):
u = 1000
n = 0
while u < limite:
u = u * 1.03
n = n + 1
return n
Ce programme renvoie le nombre d'années nécessaires pour qu'un capital de euros placé à dépasse la valeur demandée.
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