Cours de Première

Probabilités conditionnelles et indépendance

Arbres pondérés, formule des probabilités totales, indépendance de deux évènements et répétition d'épreuves de Bernoulli.

Avant de commencer

  • Calculer une probabilité et utiliser un arbre pondéré.
  • Lire un tableau croisé d'effectifs.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Calculer une probabilité conditionnelle.
  • Appliquer la formule des probabilités totales.
  • Justifier ou utiliser l'indépendance de deux évènements.
  • Construire l'arbre d'une répétition d'épreuves de Bernoulli.
Sommaire

I. Probabilités conditionnelles

DéfinitionProbabilité de BB sachant AA

On considère deux évènements AA et BB, avec P(A)0P(A) \neq 0. La probabilité de BB sachant AA est le nombre

PA(B)=P(AB)P(A)P_A(B)=\frac{P(A \cap B)}{P(A)}

Calculer cette probabilité revient à se restreindre à la sous-population AA : c'est elle qui devient le nouvel univers de référence.

PropriétéProbabilité d'une intersection
P(AB)=P(A)×PA(B)=P(B)×PB(A)P(A \cap B)=P(A) \times P_A(B) = P(B) \times P_B(A)

Cette égalité est la lecture d'un chemin dans un arbre pondéré : la probabilité d'un chemin est le produit des probabilités des branches qui le composent.

Attention

Les nombres PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A) sont différents. Dans un dépistage, la probabilité qu'un test soit positif sachant que la personne est malade est en général élevée, alors que la probabilité qu'une personne soit malade sachant que son test est positif peut rester faible si la maladie est rare. C'est le paradoxe des faux positifs.

Exemple

Une maladie touche 1%1\,\% d'une population. Un test détecte 99%99\,\% des malades, mais donne aussi 2%2\,\% de résultats positifs chez les personnes saines.

Sur 1000010\,000 personnes, on attend 100100 malades, dont 9999 testés positifs, et 99009\,900 personnes saines, dont 198198 testées positives. Parmi les 297297 tests positifs, seuls 9999 correspondent à des malades, soit une proportion d'un tiers environ.

II. Partition et probabilités totales

DéfinitionPartition de l'univers

Des évènements A1,A2,,AnA_1, A_2, \ldots, A_n forment une partition de l'univers Ω\Omega lorsqu'ils sont deux à deux incompatibles, tous de probabilité non nulle, et que leur réunion est l'univers entier.

Autrement dit, chaque issue appartient à un et un seul de ces évènements. Le cas le plus courant est la partition en deux évènements, AA et son contraire A\overline{A}.

ThéorèmeFormule des probabilités totales

Si les évènements A1,,AnA_1, \ldots, A_n forment une partition de l'univers, alors pour tout évènement BB :

P(B)=P(A1B)+P(A2B)++P(AnB)P(B)=P(A_1 \cap B)+P(A_2 \cap B)+\cdots+P(A_n \cap B)

soit, en utilisant les probabilités conditionnelles :

P(B)=P(A1)PA1(B)++P(An)PAn(B)P(B)=P(A_1)P_{A_1}(B)+\cdots+P(A_n)P_{A_n}(B)
MéthodeLire la formule sur un arbre

La formule revient à additionner les probabilités de tous les chemins qui aboutissent à BB. Sur un arbre, la démarche se voit : repérer les branches terminales portant BB, multiplier le long de chaque chemin, puis additionner les résultats.

C'est la raison pour laquelle un arbre bien construit rend la formule presque inutile à mémoriser.

Exemple

Une usine possède deux machines. La première fabrique 60%60\,\% des pièces avec un taux de défaut de 2%2\,\%, la seconde le reste avec un taux de défaut de 5%5\,\%.

En notant DD l'évènement « la pièce est défectueuse » :

P(D)=0,6×0,02+0,4×0,05=0,012+0,02=0,032P(D)=0{,}6 \times 0{,}02 + 0{,}4 \times 0{,}05 = 0{,}012+0{,}02=0{,}032

Environ 3,2%3{,}2\,\% des pièces produites sont défectueuses.

III. Indépendance

DéfinitionÉvènements indépendants

Deux évènements AA et BB sont indépendants lorsque

P(AB)=P(A)×P(B)P(A \cap B)=P(A) \times P(B)

Lorsque P(A)0P(A) \neq 0, cette condition équivaut à PA(B)=P(B)P_A(B)=P(B) : savoir que AA s'est réalisé ne change rien à la probabilité de BB.

Attention

L'indépendance n'est pas l'incompatibilité. Deux évènements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants : si l'un se réalise, l'autre devient impossible, donc l'information change tout.

MéthodeJustifier une indépendance

Deux voies existent. La première consiste à invoquer la situation : deux lancers successifs d'un dé, deux tirages avec remise, deux appareils fonctionnant séparément.

La seconde consiste à vérifier l'égalité numérique P(AB)=P(A)×P(B)P(A \cap B)=P(A) \times P(B) à partir des données de l'énoncé. C'est la seule voie acceptable lorsque la question demande de démontrer l'indépendance.

Exemple

On lance un dé équilibré. Soit AA l'évènement « obtenir un nombre pair » et BB l'évènement « obtenir un multiple de 33 ».

P(A)=12P(B)=13P(AB)=P({6})=16P(A)=\frac{1}{2} \qquad P(B)=\frac{1}{3} \qquad P(A \cap B)=P(\{6\})=\frac{1}{6}

Comme 12×13=16\dfrac{1}{2} \times \dfrac{1}{3}=\dfrac{1}{6}, les deux évènements sont indépendants.

IV. Répétition d'épreuves

DéfinitionÉpreuve de Bernoulli

Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire à deux issues, appelées succès et échec. La probabilité du succès se note pp, celle de l'échec vaut alors 1p1-p.

DéfinitionRépétition d'épreuves identiques et indépendantes

Répéter nn fois la même épreuve de Bernoulli, de façon indépendante, se représente par un arbre à nn niveaux. Chaque nœud donne deux branches, portant pp et 1p1-p.

Le programme se limite au cas n4n \leqslant 4.

PropriétéCalculer avec l'arbre

La probabilité d'un chemin est le produit des probabilités de ses branches. Un chemin comportant kk succès et nkn-k échecs a donc pour probabilité

pk(1p)nkp^k\,(1-p)^{n-k}

La probabilité d'obtenir exactement kk succès s'obtient en additionnant les probabilités de tous les chemins qui en comportent kk, c'est-à-dire en multipliant la valeur ci-dessus par le nombre de ces chemins.

Exemple

On lance trois fois une pièce truquée dont la probabilité de tomber sur pile vaut 0,70{,}7. Cherchons la probabilité d'obtenir exactement deux piles.

Chaque chemin comportant deux piles et un face a pour probabilité 0,72×0,3=0,1470{,}7^2 \times 0{,}3 = 0{,}147. Il existe trois chemins de ce type, selon la position du face, donc

P=3×0,147=0,441P = 3 \times 0{,}147 = 0{,}441
ExempleMéthode de Monte-Carlo

Le tirage aléatoire permet d'estimer une aire. En tirant des points au hasard dans le carré unité et en comptant ceux qui tombent sous la courbe, la proportion obtenue approche l'aire cherchée.

from random import random

def aire_sous_parabole(n):
    compteur = 0
    for i in range(n):
        x = random()
        y = random()
        if y < x * x:
            compteur = compteur + 1
    return compteur / n

Pour nn grand, le résultat approche 13\dfrac{1}{3}, qui est l'aire exacte sous la parabole sur [0;1][0\,;1].

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