I. Le quotient de deux différences d'affixes
Une seule quantité concentre l'essentiel des applications géométriques : le quotient formé à partir des affixes de trois points. Son module donne un rapport de longueurs, son argument un angle.
On considère trois points distincts , , d'affixes respectives , , . Alors
à un multiple de près. Le module compare deux longueurs issues de , l'argument mesure l'angle entre les deux directions.
| condition | traduction |
|---|---|
| , , alignés | le quotient est réel |
| et perpendiculaires | le quotient est imaginaire pur |
| triangle isocèle en | le module du quotient vaut |
| triangle équilatéral | le module vaut et l'argument vaut |
| triangle rectangle isocèle en | le quotient vaut |
Chaque ligne se retrouve en revenant à l'interprétation du module et de l'argument, sans avoir à mémoriser le tableau.
Soient , , d'affixes , et . Alors
Le quotient vaut : son module vaut et son argument . Le triangle est donc rectangle isocèle en .
II. Écritures complexes de transformations
La transformation qui à un point d'affixe associe le point d'affixe est :
une translation de vecteur d'affixe lorsque ;
une rotation de centre l'origine et d'angle lorsque ;
une homothétie de centre l'origine et de rapport réel lorsque .
Multiplier par un complexe de module et d'argument combine donc une rotation et un agrandissement.
L'image du point d'affixe par la rotation de centre l'origine et d'angle a pour affixe , puisque .
Cette lecture explique pourquoi le quotient valait dans l'exemple précédent : le point est l'image de par le quart de tour de centre .
III. Racines -ièmes de l'unité
On appelle racine -ième de l'unité tout nombre complexe vérifiant
L'ensemble de ces nombres se note .
Démonstration : Détermination de
Soit un complexe vérifiant . En passant aux modules, , et comme est un réel positif, on obtient .
Le nombre s'écrit donc , et la condition devient
Cette égalité équivaut à dire que est un multiple de , c'est-à-dire qu'il existe un entier tel que
Les valeurs donnent des nombres deux à deux distincts, et toute autre valeur de redonne l'un d'eux. Ainsi
Cet ensemble compte donc exactement éléments.
Les images des racines -ièmes de l'unité sont les sommets d'un polygone régulier à côtés, inscrit dans le cercle trigonométrique, dont l'un des sommets est le point d'affixe .
Pour , ce sont et . Pour , un triangle équilatéral. Pour , le carré formé par , , et .
Pour , la somme des racines -ièmes de l'unité est nulle.
Ce résultat se lit sur la figure : les sommets d'un polygone régulier centré à l'origine se compensent deux à deux ou par symétrie.
Pour , les racines cubiques de l'unité sont
Ce sont bien les solutions trouvées en factorisant par dans le chapitre sur les équations polynomiales.
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