Cours de Maths expertes

Équations polynomiales

Résoudre dans l'ensemble des nombres complexes les équations du second degré, factoriser un polynôme à partir d'une racine, et compter les racines.

Avant de commencer

  • Calculer sous forme algébrique.
  • Résoudre une équation du second degré dans R\mathbb{R}.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Résoudre dans C\mathbb{C} une équation du second degré à coefficients réels.
  • Factoriser znanz^n-a^n par zaz-a.
  • Factoriser un polynôme connaissant une racine.
  • Résoudre une équation polynomiale de degré 3 ou 4.
Sommaire

I. Équation du second degré à coefficients réels

Dans R\mathbb{R}, une équation du second degré de discriminant négatif n'a pas de solution. Dans C\mathbb{C}, elle en a toujours deux, et la formule reste presque la même.

ThéorèmeRésolution dans C\mathbb{C}

On considère l'équation az2+bz+c=0az^2+bz+c=0, où aa, bb, cc sont réels avec a0a \neq 0, et Δ=b24ac\Delta = b^2-4ac.

Si Δ>0\Delta>0, deux solutions réelles b±Δ2a\dfrac{-b \pm \sqrt{\Delta}}{2a}.

Si Δ=0\Delta = 0, une solution réelle double b2a-\dfrac{b}{2a}.

Si Δ<0\Delta<0, deux solutions complexes conjuguées

z1=biΔ2az2=b+iΔ2az_1 = \frac{-b-\mathrm{i}\sqrt{-\Delta}}{2a} \qquad z_2 = \frac{-b+\mathrm{i}\sqrt{-\Delta}}{2a}
Attention

Lorsque le discriminant est négatif, c'est Δ\sqrt{-\Delta} qui intervient, et non Δ\sqrt{\Delta} : le nombre sous la racine doit rester positif, l'unité imaginaire portant le signe.

Exemple

Résolvons z22z+5=0z^2-2z+5=0. Le discriminant vaut 420=164-20=-16, donc Δ=4\sqrt{-\Delta}=4 et

z1=24i2=12iz2=1+2iz_1 = \frac{2-4\mathrm{i}}{2}=1-2\mathrm{i} \qquad z_2 = 1+2\mathrm{i}
PropriétéRacines conjuguées

Si un polynôme est à coefficients réels et admet une racine complexe z0z_0, alors son conjugué z0\overline{z_0} est également racine.

Les racines non réelles vont donc toujours par paires, ce qui explique qu'un polynôme de degré impair à coefficients réels ait toujours au moins une racine réelle.

II. Factorisations

PropriétéFactorisation de znanz^n-a^n

Pour tous complexes zz et aa et tout entier n1n \geqslant 1 :

znan=(za)(zn1+azn2++an2z+an1)z^n-a^n=(z-a)\left(z^{n-1}+az^{n-2}+\cdots+a^{n-2}z+a^{n-1}\right)
Démonstration : Factorisation de znanz^n-a^n

Développons le membre de droite en distribuant le facteur (za)(z-a) :

z×(zn1+azn2++an1)=zn+azn1++an1zz \times \left(z^{n-1}+az^{n-2}+\cdots+a^{n-1}\right)=z^n+az^{n-1}+\cdots+a^{n-1}z a×(zn1+azn2++an1)=azn1a2zn2an-a \times \left(z^{n-1}+az^{n-2}+\cdots+a^{n-1}\right)=-az^{n-1}-a^2z^{n-2}-\cdots-a^n

En additionnant ces deux lignes, tous les termes intermédiaires s'annulent deux à deux, et il ne reste que znanz^n-a^n.

Exemple

Pour n=3n=3 et a=1a=1 :

z31=(z1)(z2+z+1)z^3-1=(z-1)(z^2+z+1)

Les solutions de z3=1z^3=1 sont donc 11, ainsi que les racines de z2+z+1z^2+z+1, dont le discriminant vaut 3-3 :

z=1±i32z = \frac{-1 \pm \mathrm{i}\sqrt{3}}{2}
ThéorèmeFactorisation par une racine

Si PP est un polynôme et si P(a)=0P(a)=0, alors PP se factorise par zaz-a : il existe un polynôme QQ, de degré inférieur d'une unité, tel que

P(z)=(za)Q(z)P(z)=(z-a)\,Q(z)
Démonstration : Factorisation par une racine

Écrivons P(z)=cnzn++c1z+c0P(z)=c_nz^n+\cdots+c_1z+c_0. Comme P(a)=0P(a)=0, on peut soustraire cette quantité nulle :

P(z)=P(z)P(a)=k=1nck(zkak)P(z)=P(z)-P(a)=\sum_{k=1}^{n} c_k\left(z^k-a^k\right)

le terme constant c0c_0 disparaissant dans la différence.

Or chaque zkakz^k-a^k se factorise par zaz-a, d'après la propriété précédente. En mettant zaz-a en facteur dans toute la somme, on obtient l'écriture annoncée.

ThéorèmeNombre de racines

Un polynôme de degré nn non nul admet au plus nn racines dans C\mathbb{C}.

Ce résultat se démontre par récurrence : chaque racine permet de factoriser et d'abaisser le degré d'une unité.

III. Résoudre une équation de degré supérieur

MéthodeLa démarche type

Les exercices suivent presque toujours le même scénario.

  1. L'énoncé fournit une racine évidente, ou demande de la vérifier par un calcul direct.
  2. On factorise par zaz-a, en identifiant les coefficients du quotient.
  3. On résout l'équation du second degré restante.
  4. On conclut en donnant l'ensemble complet des solutions.
ExempleUne équation de degré 3

Résolvons z33z2+4z12=0z^3-3z^2+4z-12=0.

La valeur z=3z=3 convient, puisque 2727+1212=027-27+12-12=0. On factorise donc par z3z-3 :

z33z2+4z12=(z3)(z2+4)z^3-3z^2+4z-12=(z-3)(z^2+4)

L'équation z2+4=0z^2+4=0 donne z2=4z^2=-4, donc z=2iz=2\mathrm{i} ou z=2iz=-2\mathrm{i}.

L'ensemble des solutions est {3;2i;2i}\{3\,;2\mathrm{i}\,;-2\mathrm{i}\}, avec bien une racine réelle et deux racines conjuguées.

MéthodeIdentifier les coefficients

Pour factoriser P(z)P(z) par zaz-a, on écrit P(z)=(za)(αz2+βz+γ)P(z)=(z-a)(\alpha z^2+\beta z+\gamma), on développe, puis on identifie les coefficients de chaque puissance avec ceux de PP.

Le coefficient dominant et le terme constant se lisent immédiatement, ce qui donne α\alpha et γ\gamma sans calcul ; il ne reste qu'une inconnue à déterminer.

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