I. Limite d'une suite
Une suite décrit une grandeur mesurée à intervalles réguliers. La question qui intéresse le modélisateur est celle du long terme : la grandeur se stabilise-t-elle, explose-t-elle, ou oscille-t-elle indéfiniment ?
La suite converge vers un réel lorsque ses termes se rapprochent de à mesure que augmente, et finissent par en être aussi proches que voulu. On écrit alors
La suite tend vers lorsque ses termes finissent par dépasser tout nombre fixé à l'avance.
Une suite qui ne converge pas est dite divergente.
Les limites d'une somme, d'un produit et d'un quotient se calculent terme à terme, sauf devant les quatre formes indéterminées , , et .
Les inégalités passent à la limite : si à partir d'un certain rang et si les deux suites convergent, alors leurs limites vérifient la même inégalité.
Théorème des gendarmes : si et si et convergent vers le même réel , alors converge aussi vers .
II. Suites géométriques
Une suite géométrique de premier terme et de raison a pour terme général .
Pour une raison strictement positive :
si , la suite de terme général tend vers ;
si , elle converge vers ;
si , elle est constante.
Un capital placé à par an suit une suite géométrique de raison : il croît sans limite.
La masse d'un médicament éliminé de par heure suit une suite géométrique de raison : elle tend vers .
Pour :
Si de plus , le terme tend vers , donc cette somme converge :
Un patient prend chaque jour une dose de milligrammes, dont il élimine en vingt-quatre heures. La quantité présente dans l'organisme après jours vaut
Cette somme tend vers milligrammes : le traitement se stabilise autour de cette valeur, appelée dose d'équilibre.
III. Suites arithmético-géométriques
Une suite est arithmético-géométrique lorsqu'elle vérifie une relation de la forme
où et sont deux réels. Elle combine une évolution proportionnelle, décrite par , et un apport constant, décrit par .
La démarche est guidée par l'énoncé, mais elle suit toujours les mêmes étapes.
- Chercher le point fixe , solution de , c'est-à-dire lorsque .
- Poser et démontrer que la suite est géométrique de raison .
- En déduire l'expression de , puis celle de .
- Conclure sur la limite : si , la suite converge vers .
Une population perd de ses effectifs chaque année, mais reçoit nouveaux individus. En notant l'effectif après années, avec :
Le point fixe vérifie , donc .
En posant , on obtient , donc et
La raison étant comprise entre et , la population décroît et se stabilise autour de individus.
Le point fixe s'interprète directement : c'est l'effectif pour lequel les pertes compensent exactement les apports. Le calcul confirme l'intuition, et l'intuition permet de vérifier le calcul.
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