Cours de Maths complémentaires

Statistique à deux variables quantitatives

Nuage de points, ajustement affine et droite des moindres carrés, coefficient de corrélation et changements de variable.

Avant de commencer

  • Calculer une moyenne.
  • Lire et écrire l'équation réduite d'une droite.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Représenter un nuage de points et placer le point moyen.
  • Déterminer une droite d'ajustement et l'utiliser.
  • Interpréter un coefficient de corrélation.
  • Se ramener à un ajustement affine par changement de variable.
Sommaire

I. Nuage de points

Deux grandeurs mesurées sur les mêmes individus se représentent par un nuage de points. La forme de ce nuage indique si un lien existe entre elles, et de quelle nature.

DéfinitionNuage et point moyen

On dispose de nn couples de valeurs (xi;yi)(x_i\,;y_i), chacun donnant un point du plan.

Le point moyen GG a pour coordonnées les moyennes des deux séries :

G(xˉ;yˉ)G\,\big(\bar{x}\,;\bar{y}\big)

Il joue le rôle de centre de gravité du nuage.

Remarque

L'examen visuel du nuage précède tout calcul. Si les points s'alignent approximativement, un ajustement affine a du sens. S'ils dessinent une courbe, un changement de variable sera nécessaire. S'ils sont dispersés sans structure, aucun ajustement n'est légitime.

II. Droite des moindres carrés

DéfinitionAjustement affine

Ajuster un nuage par une droite d'équation y=ax+by=ax+b consiste à choisir cette droite de façon que les points en soient globalement les plus proches possible.

Pour chaque point, on mesure l'écart vertical entre l'ordonnée observée yiy_i et l'ordonnée prédite axi+bax_i+b. La droite des moindres carrés est celle qui rend minimale la somme des carrés de ces écarts.

PropriétéPropriétés à connaître

La droite des moindres carrés passe toujours par le point moyen GG.

Ses coefficients se calculent à la calculatrice ou au tableur, la formule n'étant pas exigible. La démarche attendue consiste à obtenir l'équation, puis à l'utiliser.

Remarque

Le choix des carrés plutôt que des valeurs absolues n'est pas anodin : il pénalise fortement les points très éloignés, et il conduit à un calcul explicite. Un point aberrant peut donc déplacer sensiblement la droite, ce qui invite à le repérer avant de conclure.

MéthodeInterpoler et extrapoler

Interpoler consiste à estimer une valeur à l'intérieur de la plage des données observées : l'estimation est en général fiable.

Extrapoler consiste à sortir de cette plage : rien ne garantit que le modèle reste valable, et la prudence s'impose dans la conclusion.

Une prévision à long terme obtenue par prolongement d'une droite doit toujours être commentée, jamais annoncée comme un fait.

III. Coefficient de corrélation

DéfinitionCoefficient de corrélation linéaire

Le coefficient de corrélation linéaire, noté rr, mesure la qualité de l'alignement du nuage. Il appartient toujours à l'intervalle [1;1][-1\,;1].

Plus r|r| est proche de 11, plus les points sont alignés. Le signe de rr donne le sens de la relation : positif si les deux grandeurs augmentent ensemble, négatif si l'une croît quand l'autre décroît.

PropriétéLecture usuelle

| valeur de r|r| | interprétation courante | | --- | --- | | proche de 11 | ajustement affine pertinent | | autour de 0,80{,}8 | alignement acceptable, à commenter | | proche de 00 | aucun lien linéaire |

Attention

Une corrélation forte ne prouve pas un lien de cause à effet. Deux grandeurs peuvent varier ensemble parce qu'une troisième les influence toutes les deux, ou par pure coïncidence.

Le nombre de coups de soleil et les ventes de glaces sont fortement corrélés, sans que l'un cause l'autre : la température explique les deux.

Attention

Un coefficient proche de 00 signale l'absence de lien linéaire, pas l'absence de lien. Un nuage en forme de parabole peut donner un coefficient nul tout en présentant une relation parfaitement déterministe.

IV. Changement de variable

Lorsque le nuage dessine une courbe, un ajustement affine direct n'a pas de sens. Un changement de variable bien choisi redresse souvent le nuage et ramène au cas connu.

MéthodeLe cas exponentiel

Si les points semblent suivre une croissance exponentielle y=keaxy=k\,\text{e}^{ax}, on pose z=lnyz=\ln y. En effet

lny=lnk+ax\ln y = \ln k + ax

Le nuage des points (xi;zi)(x_i\,;z_i) est alors approximativement aligné. On ajuste ce nouveau nuage par une droite z=ax+bz=ax+b, puis on revient à yy par

y=eax+b=ebeaxy = \text{e}^{ax+b}=\text{e}^{b}\,\text{e}^{ax}
Exemple

Une population double environ tous les dix ans. Le nuage des effectifs en fonction du temps est nettement courbé, mais celui des logarithmes des effectifs s'aligne.

Un ajustement affine sur z=lnyz=\ln y donnant z=0,069t+9,2z = 0{,}069\,t+9{,}2, le modèle s'écrit

y=e9,2e0,069t9900×e0,069ty = \text{e}^{9{,}2}\,\text{e}^{0{,}069t} \approx 9\,900 \times \text{e}^{0{,}069t}

Le coefficient 0,0690{,}069 correspond bien à un doublement en dix ans, puisque e0,692\text{e}^{0{,}69} \approx 2.

MéthodeAutres changements utiles

Pour un nuage évoquant une hyperbole, poser z=1yz=\dfrac{1}{y} ou u=1xu=\dfrac{1}{x}.

Pour une relation en racine carrée, poser u=xu=\sqrt{x}.

Dans tous les cas, le tracé du nouveau nuage sert de vérification : s'il n'est pas mieux aligné que le premier, le changement de variable n'était pas le bon.

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