I. Nuage de points
Deux grandeurs mesurées sur les mêmes individus se représentent par un nuage de points. La forme de ce nuage indique si un lien existe entre elles, et de quelle nature.
On dispose de couples de valeurs , chacun donnant un point du plan.
Le point moyen a pour coordonnées les moyennes des deux séries :
Il joue le rôle de centre de gravité du nuage.
L'examen visuel du nuage précède tout calcul. Si les points s'alignent approximativement, un ajustement affine a du sens. S'ils dessinent une courbe, un changement de variable sera nécessaire. S'ils sont dispersés sans structure, aucun ajustement n'est légitime.
II. Droite des moindres carrés
Ajuster un nuage par une droite d'équation consiste à choisir cette droite de façon que les points en soient globalement les plus proches possible.
Pour chaque point, on mesure l'écart vertical entre l'ordonnée observée et l'ordonnée prédite . La droite des moindres carrés est celle qui rend minimale la somme des carrés de ces écarts.
La droite des moindres carrés passe toujours par le point moyen .
Ses coefficients se calculent à la calculatrice ou au tableur, la formule n'étant pas exigible. La démarche attendue consiste à obtenir l'équation, puis à l'utiliser.
Le choix des carrés plutôt que des valeurs absolues n'est pas anodin : il pénalise fortement les points très éloignés, et il conduit à un calcul explicite. Un point aberrant peut donc déplacer sensiblement la droite, ce qui invite à le repérer avant de conclure.
Interpoler consiste à estimer une valeur à l'intérieur de la plage des données observées : l'estimation est en général fiable.
Extrapoler consiste à sortir de cette plage : rien ne garantit que le modèle reste valable, et la prudence s'impose dans la conclusion.
Une prévision à long terme obtenue par prolongement d'une droite doit toujours être commentée, jamais annoncée comme un fait.
III. Coefficient de corrélation
Le coefficient de corrélation linéaire, noté , mesure la qualité de l'alignement du nuage. Il appartient toujours à l'intervalle .
Plus est proche de , plus les points sont alignés. Le signe de donne le sens de la relation : positif si les deux grandeurs augmentent ensemble, négatif si l'une croît quand l'autre décroît.
| valeur de | interprétation courante | | --- | --- | | proche de | ajustement affine pertinent | | autour de | alignement acceptable, à commenter | | proche de | aucun lien linéaire |
Une corrélation forte ne prouve pas un lien de cause à effet. Deux grandeurs peuvent varier ensemble parce qu'une troisième les influence toutes les deux, ou par pure coïncidence.
Le nombre de coups de soleil et les ventes de glaces sont fortement corrélés, sans que l'un cause l'autre : la température explique les deux.
Un coefficient proche de signale l'absence de lien linéaire, pas l'absence de lien. Un nuage en forme de parabole peut donner un coefficient nul tout en présentant une relation parfaitement déterministe.
IV. Changement de variable
Lorsque le nuage dessine une courbe, un ajustement affine direct n'a pas de sens. Un changement de variable bien choisi redresse souvent le nuage et ramène au cas connu.
Si les points semblent suivre une croissance exponentielle , on pose . En effet
Le nuage des points est alors approximativement aligné. On ajuste ce nouveau nuage par une droite , puis on revient à par
Une population double environ tous les dix ans. Le nuage des effectifs en fonction du temps est nettement courbé, mais celui des logarithmes des effectifs s'aligne.
Un ajustement affine sur donnant , le modèle s'écrit
Le coefficient correspond bien à un doublement en dix ans, puisque .
Pour un nuage évoquant une hyperbole, poser ou .
Pour une relation en racine carrée, poser .
Dans tous les cas, le tracé du nouveau nuage sert de vérification : s'il n'est pas mieux aligné que le premier, le changement de variable n'était pas le bon.
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