I. Primitives
Une équation différentielle relie une grandeur à sa vitesse de variation. C'est le langage naturel des modèles d'évolution : refroidissement, charge d'un condensateur, propagation d'une épidémie. Le premier cas, le plus simple, consiste à remonter directement de la dérivée à la fonction.
Une primitive d'une fonction continue sur un intervalle est une fonction dérivable sur telle que .
Toute fonction continue sur un intervalle y admet des primitives, et deux primitives d'une même fonction diffèrent d'une constante.
| une primitive | |
|---|---|
| , | |
| sur | |
Les primitives d'une fonction forment une famille . Une condition du type « la primitive qui vaut en » sélectionne une unique fonction : il suffit d'écrire l'égalité imposée et d'en déduire la valeur de .
Cherchons la primitive de qui s'annule en .
La forme générale est . La condition donne , donc et
II. Équations différentielles
Une équation différentielle a pour inconnue une fonction. Résoudre l'équation, c'est déterminer toutes les fonctions qui la vérifient.
L'équation demande de trouver les primitives de . Les équations et , où et sont des réels, sont celles du programme.
Les solutions sur de l'équation sont les fonctions
Pour , les solutions de sont les fonctions
où est un réel quelconque, déterminé par la condition initiale lorsqu'elle est donnée.
- Identifier les coefficients et en mettant l'équation sous la forme .
- Chercher la solution constante, obtenue pour , soit .
- Écrire la forme générale des solutions.
- Utiliser la condition initiale pour calculer .
- Interpréter, notamment le comportement à long terme.
Le signe de décide de tout.
Si , la solution tend vers la valeur constante : le modèle se stabilise, et cette valeur s'appelle l'état d'équilibre.
Si , la solution s'éloigne indéfiniment de cette valeur : le modèle diverge.
III. Modéliser une évolution
La loi de refroidissement de Newton énonce que la vitesse de refroidissement d'un corps est proportionnelle à l'écart entre sa température et celle du milieu.
Pour un café à degrés dans une pièce à degrés, avec un coefficient :
La solution constante vaut , et la forme générale est . La condition donne , donc
La température tend vers celle de la pièce, ce qui est bien le comportement attendu.
Une substance est éliminée proportionnellement à la quantité présente, au taux par heure, tandis qu'une perfusion en apporte milligrammes par heure. En notant la quantité présente :
L'état d'équilibre vaut milligrammes : à long terme, l'apport compense exactement l'élimination.
L'état d'équilibre se lit sans résoudre l'équation : il suffit d'annuler la dérivée. Ce calcul de trente secondes donne déjà la réponse à la question « que se passe-t-il à long terme ? », et il permet de contrôler le résultat final.
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