I. Divisibilité et division euclidienne
Un entier relatif divise un entier relatif lorsqu'il existe un entier tel que . On note alors .
L'ensemble des diviseurs communs à deux entiers est stable par combinaison : si divise et , alors divise pour tous entiers et . Cette remarque est le moteur de presque toutes les démonstrations du chapitre.
Pour tout entier relatif et tout entier naturel non nul , il existe un unique couple d'entiers tel que
Les entiers et s'appellent le quotient et le reste de la division euclidienne de par .
Le reste est toujours positif ou nul, y compris pour un dividende négatif. La division de par donne , avec un reste égal à , et non .
II. Congruences
Beaucoup de questions ne portent pas sur la valeur exacte d'un entier, mais sur son reste : un jour de la semaine, un chiffre des unités, une clé de contrôle. Les congruences sont l'outil adapté à ce type de raisonnement.
Soit un entier naturel non nul. Deux entiers relatifs et sont congrus modulo lorsque divise . On écrit
Cela revient à dire que et ont le même reste dans la division euclidienne par .
Si et , alors
pour tout entier naturel . Les congruences se manipulent donc presque comme des égalités, à une exception près : on ne simplifie pas librement par un facteur commun.
Cherchons le chiffre des unités de , c'est-à-dire son reste modulo .
Les puissances de modulo donnent , , , , puis se répètent avec une période de . Comme :
Le chiffre des unités est donc .
Lorsque et sont premiers entre eux, l'entier possède un inverse modulo , c'est-à-dire un entier tel que . Cet inverse s'obtient par l'algorithme d'Euclide.
Multiplier les deux membres de la congruence par donne alors la solution.
III. PGCD, Bézout et Gauss
Le PGCD de deux entiers naturels non tous nuls est le plus grand de leurs diviseurs communs.
L'algorithme d'Euclide repose sur l'égalité , où est le reste de la division de par . On remplace donc le couple par un couple plus petit, jusqu'à obtenir un reste nul : le dernier reste non nul est le PGCD.
Calculons .
Le dernier reste non nul vaut , donc .
Deux entiers sont premiers entre eux lorsque leur PGCD vaut , c'est-à-dire lorsque leurs seuls diviseurs communs sont et .
Deux entiers relatifs et sont premiers entre eux si et seulement s'il existe deux entiers relatifs et tels que
Plus généralement, le PGCD de et s'écrit toujours sous la forme .
Démonstration : Le PGCD s'écrit
Considérons l'ensemble des entiers strictement positifs de la forme , avec et entiers relatifs. Cet ensemble n'est pas vide, car il contient ou . Il possède donc un plus petit élément, noté .
Montrons que divise . La division euclidienne de par donne avec , donc
Le reste est donc de la forme . S'il était strictement positif, il appartiendrait à tout en étant plus petit que , ce qui contredirait le choix de . Donc , et divise . Le même raisonnement montre que divise .
Enfin, tout diviseur commun à et divise , c'est-à-dire . L'entier est donc bien le PGCD de et .
Si un entier divise le produit et si est premier avec , alors divise .
Démonstration : Théorème de Gauss
Comme et sont premiers entre eux, le théorème de Bézout fournit deux entiers et tels que
Multiplions cette égalité par :
L'entier divise le premier terme, puisqu'il y figure en facteur. Il divise aussi le second, puisqu'il divise par hypothèse. Il divise donc leur somme, c'est-à-dire .
- Calculer . L'équation admet des solutions si et seulement si divise .
- Trouver une solution particulière, par l'algorithme d'Euclide remonté ou par essais.
- Écrire la solution générale en soustrayant les deux égalités, puis en appliquant le théorème de Gauss.
IV. Nombres premiers
Un entier naturel supérieur ou égal à est premier lorsque ses seuls diviseurs positifs sont et lui-même.
Tout entier naturel supérieur ou égal à s'écrit comme produit de nombres premiers, et cette écriture est unique à l'ordre près des facteurs.
Démonstration : L'ensemble des nombres premiers est infini
Raisonnons par l'absurde en supposant qu'il n'existe qu'un nombre fini de nombres premiers, notés .
Considérons l'entier
Cet entier est supérieur ou égal à , donc il admet un diviseur premier , qui figure nécessairement dans la liste.
Ce nombre divise le produit , et il divise . Il divise donc leur différence, qui vaut . Or aucun nombre premier ne divise .
La supposition mène à une contradiction : l'ensemble des nombres premiers est infini.
Soit un nombre premier et un entier.
Si de plus n'est pas divisible par :
Calculons le reste de modulo . Comme est premier et ne divise pas , le petit théorème de Fermat donne .
Or , donc
def crible(n):
est_premier = [True] * (n + 1)
est_premier[0] = False
est_premier[1] = False
for p in range(2, n + 1):
if est_premier[p]:
for multiple in range(p * p, n + 1, p):
est_premier[multiple] = False
return [p for p in range(n + 1) if est_premier[p]]
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