Cours de Maths expertes

Arithmétique

Divisibilité, congruences, PGCD et algorithme d'Euclide, théorèmes de Bézout et de Gauss, nombres premiers et petit théorème de Fermat.

Avant de commencer

  • Poser une division euclidienne.
  • Décomposer un entier en facteurs premiers.

À la fin du chapitre, tu sais

  • Utiliser les congruences pour établir un critère de divisibilité.
  • Calculer un PGCD par l'algorithme d'Euclide.
  • Appliquer les théorèmes de Bézout et de Gauss.
  • Résoudre une équation diophantienne simple.
  • Utiliser le petit théorème de Fermat.
Sommaire

I. Divisibilité et division euclidienne

DéfinitionDivisibilité

Un entier relatif bb divise un entier relatif aa lorsqu'il existe un entier kk tel que a=kba = kb. On note alors bab \mid a.

L'ensemble des diviseurs communs à deux entiers est stable par combinaison : si dd divise aa et bb, alors dd divise au+bvau+bv pour tous entiers uu et vv. Cette remarque est le moteur de presque toutes les démonstrations du chapitre.

ThéorèmeDivision euclidienne

Pour tout entier relatif aa et tout entier naturel non nul bb, il existe un unique couple d'entiers (q;r)(q\,;r) tel que

a=bq+ravec0r<ba = bq+r \qquad \text{avec} \qquad 0 \leqslant r < b

Les entiers qq et rr s'appellent le quotient et le reste de la division euclidienne de aa par bb.

Attention

Le reste est toujours positif ou nul, y compris pour un dividende négatif. La division de 17-17 par 55 donne 17=5×(4)+3-17 = 5 \times (-4)+3, avec un reste égal à 33, et non 2-2.

II. Congruences

Beaucoup de questions ne portent pas sur la valeur exacte d'un entier, mais sur son reste : un jour de la semaine, un chiffre des unités, une clé de contrôle. Les congruences sont l'outil adapté à ce type de raisonnement.

DéfinitionCongruence

Soit nn un entier naturel non nul. Deux entiers relatifs aa et bb sont congrus modulo nn lorsque nn divise aba-b. On écrit

ab  [n]a \equiv b \;[n]

Cela revient à dire que aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn.

PropriétéCompatibilité avec les opérations

Si ab  [n]a \equiv b\;[n] et cd  [n]c \equiv d\;[n], alors

a+cb+d  [n]acbd  [n]akbk  [n]a+c \equiv b+d\;[n] \qquad ac \equiv bd\;[n] \qquad a^k \equiv b^k\;[n]

pour tout entier naturel kk. Les congruences se manipulent donc presque comme des égalités, à une exception près : on ne simplifie pas librement par un facteur commun.

ExempleChiffre des unités

Cherchons le chiffre des unités de 720267^{2026}, c'est-à-dire son reste modulo 1010.

Les puissances de 77 modulo 1010 donnent 77, 99, 33, 11, puis se répètent avec une période de 44. Comme 2026=4×506+22026 = 4 \times 506+2 :

72026729  [10]7^{2026} \equiv 7^2 \equiv 9 \;[10]

Le chiffre des unités est donc 99.

MéthodeRésoudre axb  [n]ax \equiv b\;[n]

Lorsque aa et nn sont premiers entre eux, l'entier aa possède un inverse modulo nn, c'est-à-dire un entier uu tel que au1  [n]au \equiv 1\;[n]. Cet inverse s'obtient par l'algorithme d'Euclide.

Multiplier les deux membres de la congruence par uu donne alors la solution.

III. PGCD, Bézout et Gauss

DéfinitionPGCD et algorithme d'Euclide

Le PGCD de deux entiers naturels non tous nuls est le plus grand de leurs diviseurs communs.

L'algorithme d'Euclide repose sur l'égalité PGCD(a;b)=PGCD(b;r)\text{PGCD}(a\,;b)=\text{PGCD}(b\,;r), où rr est le reste de la division de aa par bb. On remplace donc le couple par un couple plus petit, jusqu'à obtenir un reste nul : le dernier reste non nul est le PGCD.

Exemple

Calculons PGCD(252;105)\text{PGCD}(252\,;105).

252=2×105+42105=2×42+2142=2×21+0252 = 2 \times 105+42 \qquad 105 = 2 \times 42+21 \qquad 42 = 2 \times 21+0

Le dernier reste non nul vaut 2121, donc PGCD(252;105)=21\text{PGCD}(252\,;105)=21.

DéfinitionEntiers premiers entre eux

Deux entiers sont premiers entre eux lorsque leur PGCD vaut 11, c'est-à-dire lorsque leurs seuls diviseurs communs sont 11 et 1-1.

ThéorèmeThéorème de Bézout

Deux entiers relatifs aa et bb sont premiers entre eux si et seulement s'il existe deux entiers relatifs uu et vv tels que

au+bv=1au+bv=1

Plus généralement, le PGCD de aa et bb s'écrit toujours sous la forme au+bvau+bv.

Démonstration : Le PGCD s'écrit au+bvau+bv

Considérons l'ensemble EE des entiers strictement positifs de la forme au+bvau+bv, avec uu et vv entiers relatifs. Cet ensemble n'est pas vide, car il contient a|a| ou b|b|. Il possède donc un plus petit élément, noté d=au0+bv0d = au_0+bv_0.

Montrons que dd divise aa. La division euclidienne de aa par dd donne a=dq+ra = dq+r avec 0r<d0 \leqslant r<d, donc

r=adq=a(au0+bv0)q=a(1u0q)+b(v0q)r = a-dq = a-(au_0+bv_0)q = a\,(1-u_0q)+b\,(-v_0q)

Le reste rr est donc de la forme au+bvau+bv. S'il était strictement positif, il appartiendrait à EE tout en étant plus petit que dd, ce qui contredirait le choix de dd. Donc r=0r=0, et dd divise aa. Le même raisonnement montre que dd divise bb.

Enfin, tout diviseur commun à aa et bb divise au0+bv0au_0+bv_0, c'est-à-dire dd. L'entier dd est donc bien le PGCD de aa et bb.

ThéorèmeThéorème de Gauss

Si un entier aa divise le produit bcbc et si aa est premier avec bb, alors aa divise cc.

Démonstration : Théorème de Gauss

Comme aa et bb sont premiers entre eux, le théorème de Bézout fournit deux entiers uu et vv tels que

au+bv=1au+bv=1

Multiplions cette égalité par cc :

acu+bcv=cacu+bcv=c

L'entier aa divise le premier terme, puisqu'il y figure en facteur. Il divise aussi le second, puisqu'il divise bcbc par hypothèse. Il divise donc leur somme, c'est-à-dire cc.

MéthodeÉquation diophantienne ax+by=cax+by=c
  1. Calculer d=PGCD(a;b)d = \text{PGCD}(a\,;b). L'équation admet des solutions si et seulement si dd divise cc.
  2. Trouver une solution particulière, par l'algorithme d'Euclide remonté ou par essais.
  3. Écrire la solution générale en soustrayant les deux égalités, puis en appliquant le théorème de Gauss.

IV. Nombres premiers

DéfinitionNombre premier

Un entier naturel pp supérieur ou égal à 22 est premier lorsque ses seuls diviseurs positifs sont 11 et lui-même.

ThéorèmeDécomposition en facteurs premiers

Tout entier naturel supérieur ou égal à 22 s'écrit comme produit de nombres premiers, et cette écriture est unique à l'ordre près des facteurs.

Démonstration : L'ensemble des nombres premiers est infini

Raisonnons par l'absurde en supposant qu'il n'existe qu'un nombre fini de nombres premiers, notés p1,p2,,pkp_1, p_2, \ldots, p_k.

Considérons l'entier

N=p1p2pk+1N = p_1p_2\cdots p_k+1

Cet entier est supérieur ou égal à 22, donc il admet un diviseur premier pp, qui figure nécessairement dans la liste.

Ce nombre pp divise le produit p1p2pkp_1p_2\cdots p_k, et il divise NN. Il divise donc leur différence, qui vaut 11. Or aucun nombre premier ne divise 11.

La supposition mène à une contradiction : l'ensemble des nombres premiers est infini.

ThéorèmePetit théorème de Fermat

Soit pp un nombre premier et aa un entier.

apa  [p]a^p \equiv a \;[p]

Si de plus aa n'est pas divisible par pp :

ap11  [p]a^{p-1} \equiv 1 \;[p]
Exemple

Calculons le reste de 31003^{100} modulo 77. Comme 77 est premier et ne divise pas 33, le petit théorème de Fermat donne 361  [7]3^{6} \equiv 1\;[7].

Or 100=6×16+4100 = 6 \times 16+4, donc

3100(36)16×3434814  [7]3^{100} \equiv \left(3^6\right)^{16} \times 3^4 \equiv 3^4 \equiv 81 \equiv 4 \;[7]
ExempleCrible d'Ératosthène
def crible(n):
    est_premier = [True] * (n + 1)
    est_premier[0] = False
    est_premier[1] = False
    for p in range(2, n + 1):
        if est_premier[p]:
            for multiple in range(p * p, n + 1, p):
                est_premier[multiple] = False
    return [p for p in range(n + 1) if est_premier[p]]

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